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Ecole maternelle en danger : inégalités accrues

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Une offensive en règle a lieu depuis plusieurs années contre l’école maternelle. Dans une société qui n’ose pas assumer les discours inégalitaires alors qu’elle fonctionne de façon profondément injuste, attaquer la maternelle est un moyen astucieux est un moyen apparemment moins visible de renoncer à l’égalité scolaire, de renoncer à ce que chaque enfant soit préparé à satisfaire aux exigences intellectuelles de l’école.

Sans que des chiffres exhaustifs soient disponibles, on sait que dans de nombreux départements, le taux de scolarisation des enfants de 2-3 ans a chuté de moitié en 20 ans, et que le taux de scolarisation avant 6 ans a également chuté dans des proportions moindres. Les fermetures de classes et restrictions budgétaires constituent bien sur une pression considérable. Car l’école maternelle est aussi un mode de garde et c’est légitime. Mais en limitant la fonction de l’école maternelle à cette seule dimension de mode de garde ou " de socialisation " au sens large les décideurs ont beau jeu de vouloir la remplacer par d’autres modes de garde : halte-garderie, crèches, etc. Les CAF ont ainsi mis en place un prix de journée jusqu’à 5 ans, anticipant l’idée que l’école maternelle ne serait plus la priorité ! Les communistes souhaitent l’instauration d’un service public de la petite enfance pour les enfants de moins de 2 ans. À partir de cet âge là, chaque enfant doit avoir une place réelle et effective qui l’attend en école maternelle. Et nous militons pour une scolarité obligatoire de 3 à 18 ans.

L’attaque contre la maternelle ne se traduit pas seulement par les fermetures de places, mais aussi par l’offensive idéologique inégalitaire conduite par la droite et le PS pendant 30 ans pèsent aussi : - on a ainsi vu fleurir la nostalgie de la femme au foyer sous couvert hypocrite, évidemment, de " l’intérêt supérieur de l’enfant " ; - on a vu le retour de l’idéologie des dons sous couvert de respect des soi-disant " rythmes " de l’enfant (la bourgeoisie intellectuelle qui passe son temps à surentraîner ses enfants trouve inutile de stimuler trop tôt les enfants de pauvres pour les choses scolaires…) ; - on a vu le fleurissement des vulgates qui s’inspirent d’une " psychologie " mal comprise imbibée de l’idéologie libérale de l’épanouissement : chaque enfant devrait ainsi aller vers ce qui lui " plaît " le plus (alors que ces goûts sont modelés par les familles inégales) au lieu que l’adulte développe chez chacun ce qui est nécessaire à chaque futur élève, adulte et citoyen - on a vu les vulgates pseudo-éducatives vanter les mérites d’une socialisation floue se substituant à l’éducation scolaire, c’est-à-dire par le biais de l’acquisition de savoirs précis, pourtant seule à même de préparer la suite de la scolarisation… ce discours anti-scolaire est une façon déguisée de s’attaquer à l’idéal de démocratisation scolaire, de renoncer au fait de préparer chaque enfant à acquérir ce qui sera indispensable à sa future réussite scolaire. Logique donc que les familles bourgeoises, qui ont eu une scolarité suffisante pour pouvoir assumer ce travail d’instruction à la maison refusent que la collectivité le prenne en charge pour tous. Logique, mais inadmissible et inacceptable pour les militants d’une société plus juste.

Car l’école maternelle est essentielle. C’est un des éléments qui a fait la force de notre système éducatif par le passé. RDV demain pour un texte qui montre nombre de ses avantages…

Stéphane BONNERY le dimanche 11 mars 2007
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Tag(s) : #Education
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