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Article paru le 30 avril 2010 dans l'Humanité

 

1er Mai : Les points de vues de cinq responsables syndicaux


Ça va compter pour la réforme des retraites !


NADINE PRIGENT, SECRÉTAIRE CONFÉDÉRALE DE LA CGT.


À regarder le climat social dans le pays, les salariés n’ont pas décidé de se laisser faire, les luttes se multiplient sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail. Des actions souvent unitaires, longues, aussi bien dans le public que dans le privé avec des acquis à la clé ; ça monte aussi ailleurs en Europe, la facture de la crise ne passe plus. C’est pourquoi le 1er Mai 2010, dans cette situation économique préoccupante, n’est pas un rendez-vous comme les autres. C’est l’occasion ensemble, salariés du privé, du public, les retraités, les privés d’emploi, les jeunes, de se retrouver pour donner de l’ampleur à toutes ces actions revendicatives et permettre à toutes celles et tous ceux qui n’ont pas forcément la possibilité d’agir collectivement de venir défendre leurs intérêts.

C’est aussi l’année d’une réforme des retraites, véritable enjeu de société, qui concerne toutes les générations. Le gouvernement prépare une loi, il semble décidé à s’attaquer aux fondements mêmes de notre système de retraite et faire supporter là aussi les efforts toujours aux mêmes, les actifs d’aujourd’hui et de demain et les retraités.

Rien n’est joué. N’attendons pas le projet de loi pour réagir. Exprimons dès maintenant notre volonté de maintenir l’âge légal de départ à la retraite à soixante ans, la prise en compte de la pénibilité du travail, l’amélioration du niveau des pensions, les moyens fi nanciers de faire face aux retraites de demain. Cela pèsera sur le projet du gouvernement, également vis-à-vis des partis politiques en vue du futur débat parlementaire, mais aussi pour continuer la dynamique syndicale unitaire.


Le moyen de peser sur le sommet social


MARCEL GRIGNARD, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT DE LA CFDT.


Premières victimes d’une crise qui n’en fi nit pas de produire ses effets, les salariés se mobilisent ce 1er Mai, en France, en Europe et dans le monde, pour un travail décent, un type de développement plus respectueux de l’homme et de l’environnement. En France, l’intersyndicale a interpellé le gouvernement en vue du sommet social du 10 mai. Pour la CFDT, le coeur de la démarche est la question de l’emploi. Il faut reconduire en les améliorant tous les dispositifs qui permettent d’éviter le chômage, de qualifi er les salariés, de les préparer aux emplois de demain. Le pouvoir d’achat est également central. Le fi nancement de ces mesures doit être assuré par une remise en cause du bouclier fi scal et de la défi scalisation des heures supplémentaires dont les effets sont désastreux pour l’emploi et les conditions de travail des salariés.

Enfi n, la réforme des retraites ne peut se faire à la va-vite. La CFDT veut que des réponses soient apportées face aux injustices du système actuel qui pénalise les plus fragilisés sur le marché de l’emploi. Les solutions nécessaires pour garantir la pérennité du système par répartition pour les générations futures, si elles se résument à un report de l’âge de la retraite et à un allongement de la durée de cotisation, ne feront qu’aggraver ces inégalités. La mobilisation des salariés le 1er mai c’est le moyen de peser sur le sommet social du 10 mai pour poursuivre et améliorer les mesures en faveur de l’emploi et du pouvoir d’achat, de faire entendre la voix des salariés dans la concertation engagée sur les retraites.


Une étape marquante dans la mobilisation


BERNADETTE GROISON, SECRÉTAIRE GÉNÉRALE DE LA FSU.


La mobilisation unitaire des salariés du public et du privé, des chômeurs, des retraités et des jeunes est déterminante ce 1er Mai 2010 car rien n’est joué ! C’est le moment de peser sur les choix du gouvernement et de faire valoir nos propositions. La crise économique et sociale est loin d’être terminée et la situation reste diffi cile pour beaucoup. C’est pourquoi la priorité doit être accordée à l’emploi, à l’amélioration des salaires et du pouvoir d’achat. Et pour nos retraites il faut garantir le système par répartition afi n de préserver la solidarité entre les générations. Au moment où débutent les premières discussions sur les retraites, ne nous laissons pas enfermer dans des faux débats ni dans des oppositions entre les salariés du public et du privé. C’est bien l’amélioration pour tous que nous visons ! Profi tons de ce 1er Mai pour imposer le débat sur le fi nancement afi n que les salariés ne soient pas les seuls à payer l’avenir des retraites. Profi tons de ce 1er Mai pour réaffi rmer nos exigences. Pour la FSU il n’est pas question de remettre en cause l’âge légal de départ à la retraite, la durée de cotisations et pour les fonctionnaires le code des pensions, ou encore le calcul du montant des pensions sur les six derniers mois.

Profi tons de ce 1er Mai pour exprimer nos revendications et propositions en termes d’emploi, de salaires, de conditions de travail pour les personnels. Ainsi, la situation de la fonction publique impose d’inverser la politique menée. Il faut en fi nir avec les suppressions d’emploi et le recours à la précarité et créer les postes nécessaires. La fonction publique doit rester au service de l’intérêt général et pouvoir répondre aux besoins actuels de tous les usagers. La FSU appelle à faire de ce 1er Mai une journée forte de revendications, une étape marquante dans la mobilisation. Un 1er Mai 2010 de luttes et d’espoirs !


Préparer les futures actions de mai et juin


PIERRE KHALFA, PORTE-PAROLE DE L’UNION SYNDICALE SOLIDAIRES.


Le 1er Mai est s uvent une date rituelle de mobilisation. Il s’agit d’exprimer la solidarité des travailleurs à travers le monde et de montrer qu’au-delà des frontières, leurs intérêts convergent fondamentalement. Face à la globalisation du capital, cette affi rmation d’une mobilisation internationale des travailleurs est plus que jamais d’actualité. Cependant en quelques occasions, cette journée rentre en résonance avec d’autres problèmes. Cela a été le cas en 2002 entre les deux tours de la présidentielle. Cela a été aussi le cas l’année dernière, où, après les importantes mobilisations du 29 janvier et du 19 mars, le 1er Mai avait été choisi par l’intersyndicale comme un moment de rebond. Nous sommes aussi cette année dans une situation particulière. La crise du capitalisme dominé par la fi nance continue à produire ses effets sur la vie des salariés, que ce soit en matière d’emploi ou de pouvoir d’achat, et le gouvernement prépare, sans le dire, un plan d’austérité massif pour faire payer cette crise à la population. C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre la prochaine « réforme » des retraites dont les échéances se rapprochent puisque le gouvernement a prévu de rendre public un document d’orientation vers la mi-mai. Le 1er Mai sera donc une étape importante dans la mobilisation des salariés. Il s’agit, après le succès du 23 mars, d’exprimer unitairement, à cette occasion, le refus de toute régression sociale et de préparer ainsi les futures mobilisations qui devront avoir lieu en mai et juin.


L’intersyndicale tient depuis seize mois


JEAN GROSSET, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT DE L’UNSA.


L’Unsa a toujours manifesté le 1er Mai parce qu’elle fait sienne cette journée intersyndicale d’actions et de revendications pour les salariés du monde entier. Au passage, nous n’oublions pas d’ailleurs que, dans certains pays, le syndicalisme libre et indépendant est interdit et ses militants pourchassés. S’agissant de la France, cette journée se situe dans un contexte qui nécessite l’intervention des salariés. En effet, nous serons à quelques jours d’un sommet social qui doit répondre aux exigences des syndicats sur l’emploi et les salaires. Nous sommes aussi entrés dans la phase de « concertation, rencontres avec le gouvernement quant à la réforme des retraites ». L’Unsa considère que l’interpellation commune des cinq organisations syndicales Unsa, CFDT, CGT, FSU, Solidaires, est une bonne chose car nous sommes unis sur des revendications et des propositions.

S’agissant de la réforme des retraites, l’Unsa considère qu’il faut à la fois proposer, notamment en matière de fi nancement, et refuser ce qui nous paraît mettre en péril notre système de retraite, et surtout le niveau des pensions. L’intersyndicale doit d’ailleurs faire des propositions en matière de source de fi nancement. Nous nous félicitons que l’intersyndicale « de la crise » ait tenu depuis seize mois. Les cinq organisations qui ont maintenu cette démarche unitaire portent d’ailleurs une grande responsabilité pour défendre l’emploi, protéger les salariés, garantir l’avenir de nos retraites. Nous souhaitons que toutes les organisations syndicales françaises reviennent dans cette intersyndicale au moment où nous allons rentrer de plain-pied dans ce qu’il est convenu d’appeler la réforme des retraites. Le 1er Mai vient donc à point nommé et nous agissons pour que le maximum de salariés du public et du privé, comme ils l’ont fait plusieurs fois en 2009 et récemment le 23 mars, fassent entendre leurs voix.

Tag(s) : #Société