Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Fortune

La richesse dévorante des riches


L’accumulation par quelques uns d’une part importante de la richesse mondiale ne peut plus se justifier, les riches sont trop riches !

Dix millions de personnes (soit 0,15% de la population de la planète) possèdent 25% de la richesse mondiale et 5% de la richesse mondiale est détenue par 100.000 personnes, soit 0,00015% de la population totale !

Ainsi, 10 millions de personnes sont 220 fois plus riches que la moyenne mondiale et 100 000 sont 35000 fois plus riches.

Cette situation va en s’aggravant. La part des salaires dans le produit intérieur brut français a baissé de 9,3% entre 1983 et 2006. " Ce qui veut dire que pendant que la part des salaires passait de 70 à 60.7% du PIB, celle du capital passait 30% à 39.3%. En d’autres termes, les dividendes augmentaient de 33% pendant que les salaires baissaient de 15%.

Il ne s’agit plus de l’accumulation du capital, mais d’une « bulle de richesse » produite en une ou deux décennies par le jeu du marché. Cette concentration ne peut que se poursuivre et s’accélérer tant qu’une prise de conscience de la population n’aura pas eue lieu, et que des barrières n’auront pas été dressées par les Etats pour contenir cette bulle, puis la réduire.

Bulle de richesse et bulle sociale

Au lieu de cela, notre gouvernement l’engraisse encore plus, il appauvris la classe moyenne et rend plus pénible la misère des pauvres. Inutile de citer le bouclier fiscale des riches et les innombrables suppression de postes ou d’allocation…

Non seulement les riches vivent entre eux « dans une bulle sociale », mais leur richesse est aussi une « bulle » qui forme une économie parallèle, fermée sur elle-même, à l’abri des aléas du monde réel qu’elle pille en toute impunité.

C’est un système prédateur : une grande partie de cette richesse est dilapidée, perdue, brûlée.

L’exemple le plus visible est donnée par les prix extravagants du marché de l’art. Réduire cette « bulle de richesses » est une des conditions nécessaire (mais non suffisante) pour traiter la crise financière actuelle.

Un banquier parisien, sous couvert d’anonymat, estime que depuis la crise, « les riches ayant fait des placements ont perdu, certes, un peu d’argent à cause de la crise, mais ils restent toujours bien assez riches. Désormais, certains d’entre-eux continuent d’investir, mais dans des secteur plus sûrs. Et d’un autre côté on a aussi des riches extravagants qui achète des machines à laver à plus de six mille euros et qui ne savent même pas cette somme représente le salaire de six mois de travail de bon nombre de personnes et pas uniquement en France… »

Le retour sur investissement que l’on pourrait obtenir des sommes qui sont gelées dans cette « bulle » est infiniment supérieur à ce qu’elles produisent dans l’industrie du luxe, le marché de l’art, l’immobilier et d’autres services propres à cette catégorie sociale. Il est donc urgent de crever cette « bulle de richesse » pour réinjecter ces sommes dans l’économie, pour soutenir la croissance mondiale et réduire la pauvreté de masse.

La vraie bonne nouvelle serait donc d’entendre dire que les riches vont s’appauvrir… À défaut de pouvoir reprendre ce qu’ils ont confisqué.

 

Article paru dans l'Humanité du jeudi 29/04/2010

Tag(s) : #Economie