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Goodyear : La ligne rouge est franchie  !

Goodyear. La ligne rouge est franchie

Lancement d’un comité de soutien dans les Bouches-du-Rhône « non à la criminalisation syndicale/relaxe pour tous les Goodyear ». Face à l’injustice, la colère vire à la mobilisation générale.

« Derrière cette attaque frontale, c’est l’ensemble du mouvement social qui est menacé », tempête Olivier Mateu, Secrétaire de l’UD CGT 13, « que le gouvernement s’attende à passer de mauvais moments. » En clair, l’affront sans précédent d’un gouvernement dit socialiste à la botte d’un patronat débridé par les politiques d’austérité, et soutenu par un tribunal, alors que les plaintes sont retirées, ne passera pas. Affichage, pétition nationale, manifestations de soutien aux 8 condamnés de Goodyear (nationale le 4 février) vont fleurir le paysage français, sans relâche jusqu’à la relaxe.

Pour avoir voulu empêcher la fermeture de leur usine et défendu leurs droits, 8 salariés de Goodyear écopent de 2 ans de prison dont 9 mois ferme, autant dire qu’ils sont placés au rang de délinquants. Du jamais vu. Le gouvernement Valls semble vouloir faire un exemple de répression syndicale en mettant procureurs et forces de police au service des grands groupes industriels afin de mater toute résistance à la destruction d’emplois. Une décision inique qui ne peut que provoquer un raz-de-marée d’oppositions.

Venue de l’ensemble des forces progressistes, des syndicats, du monde de la culture (Quartiers Nord et Massilia Sound System sont déjà signataires), de personnalités et de citoyens, des voix s’élèvent pour crier leur indignation. Plus de 150.000 pétitionnaires ont rejoint l’appel national au soutien et une campagne est en marche. Dès ce matin à Marseille, « c’est avec une banderole Goodyear qu’on ouvrira le cortège de la manifestation pour les services publics », annonce l’UD CGT, qui ne sera pas seule, engagée depuis des mois dans un mouvement de convergence des luttes et invite à parapher sur relaxgoodyear13@orange.fr.

« Pas être une main d’œuvre qui se tait »

« Voilà 7 ans qu’ils en bavent, sont mangés à toutes les sauces et qu’on ne compte plus les suicides, immolation par le feu ou balle dans la tête, qu’on a une moyenne de 2,5 accidents de travail par jour », décrit Philippe Dufaux, délégué syndical CHS chez Goodyear et gardé à vue 24 heures. Avant de préciser : « Alors qu’on avait un accord de fin de conflit sans poursuite, que les plaintes ont été retirées, le procureur s’acharne. C’est clairement une décision politique. » D’où l’absolue nécessité de faire front.

« Quand la répression commence ici, elle se poursuit ailleurs et dans cette dérive droitière de la société, personne n’est à l’abri du licenciement et maintenant du tribunal », estime pour la FSU, Alain Barlatier. Dérives dangereuses pour l’avenir, craignent les JC qui refusent de devenir la variable d’ajustement des entreprises pour gagner en profit : « Nous ne voulons pas être une main d’œuvre qui se tait. »

Pour le PCF 13, Pierre Dharréville confirme : « Une République qui agit ainsi n’est plus une République. » Et Frédéric Alpozzo pour la CGT marins torpille : « On est où là ? Il n’y a plus de séparation des pouvoirs. La justice ne s’exerce plus. Non seulement elle n’est pas indépendante mais elle est poreuse. Et ils n’ont plus de limites. Toutes les lignes rouges ont été franchies. Si on ne sauve pas ces 8 là, il y en aura d’autres derrière. » Quand Hélène Le Cacheux, pour le PG, s’étonne « qu’il n’y ait pas plus de débordements vu la violence patronale et gouvernementale qui s’exerce ». Ainsi, sur la même ligne de combat, on trouvera également Solidaires, Rouge Vif ou le NPA 13 pour qui « la justice de classe se déchaîne et l’État d’urgence ne sert qu’à terroriser les jeunes de banlieue, les syndicalistes, les salariés qui luttent pour l’emploi, les écologistes... »

Encore un mauvais pas à droite du gouvernement Hollande, qui devra faire marche arrière sous peine de clash généralisé. Rémi Jean du mouvement Ensemble ! hisse les ouvriers de Goodyear au titre « d’exemple de résistance du mouvement social contre la volonté politique de le briser ». Laisser faire serait cautionner une politique qui conduit à la fin de l’État de droit. À vos pétitions citoyens !

Myriam Guillaume (La Marseillaise, le 26 janvier 2016)

Tag(s) : #Société