Draguignan : pour construire une alternative à l’austérité
Article paru dans La Marseillaise du Var le lundi 10 juin 2013
Une assemblée citoyenne contre l’austérité s’est tenue vendredi soir à l’initiative du Front de gauche. Elle a ressemblé une quarantaine de personnes réunie autour de la volonté de construire une alternative à l’austérité afin d’instaurer une société animée par des valeurs éthiques plutôt que par des facteurs de maximisation financière.
Dans un contexte où la crainte de nouvelles attaques contre le système de protection sociale se conjuguent avec la déconstruction des droits des salariés, l’assemblée citoyenne qui s’est tenue vendredi s’inscrit dans le cadre d’une campagne de mobilisation des forces de progrès. L’objectif est qu’elles puissent non seulement entrer en mouvement au moment où de nouveaux projets de loi menaceront le modèle social, mais aussi qu’elles participent de la transformation de la société pour faire prévaloir une logique d’utilité sociale fondée sur les valeurs de « L’humain d’abord ».
« La prochaine grande bataille sera probablement les retraites, mais il faut aussi agir sur l’emploi en obtenant une autre utilisation des fonds déposés en banque » estimera le journaliste Pierre Ivorra (l’Humanité) durant le débat.
Finance : rentes aberrantes et libertés inconséquentes
Le fonctionnement du système bancaire et financier a été le fil rouge de la réunion avec une évocation de l’histoire de la déréglementation et de l’imbrication croissante des systèmes bancaires et financiers depuis les années 70. La baisse du rôle du crédit étant inversement proportionnelle à la hausse de celui des marchés, l’ensemble de la société a fini par être intoxiqué par des produits financiers de plus en plus délétères tandis que le pouvoir de leurs émetteurs sur l’économie réelle augmentait au fur et à mesure que les systèmes de protection sombraient sous la vague néo-libérale. Libertés inconséquentes, inégalités croissantes et rentes aberrantes ont eu pour conséquence de transformer la crise financière privée de 2007 en une dette publique dont l’addition est désormais présentée aux peuples sous la forme du diptyque austérité-chômage. Et cela à plus forte raison dans une Europe où les règles monétaires contribuent à accentuer les déséquilibres. Résultat : la déconstruction des droits sociaux est insidieusement présentée comme inéluctable.
Pour Alain Bolla, conseiller régional PCF, cette situation est le produit d’une crise du capitalisme dont la forme est nouvelle. Elle se caractérise par une durée très longue et par l’incapacité inédite de s’appuyer sur l’innovation pour réguler le système. Dans ce contexte, il constate avec regret qu’aujourd’hui encore les réformes continuent « de se succéder à une vitesse jusqu’alors inconnue car le capital a besoin de changer la société pour continuer à garder sa position hégémonique ».
Une action politique volontariste pour modifier le rapport de forces
Partant du constat que « le politique a le poids qu’il se donne et non pas celui que lui octroient les marchés financiers », il estime que la véritable question est de définir les contours d’une action susceptible de modifier le rapport de forces entre finance et salariat. Avec l’objectif, non seulement de soulager le peuple d’un joug financier lui ayant été imposé, mais aussi pour « créer les conditions d’une société qui reste à construire. Une société de l’Humain d’abord ».
De son côté, Pierre Ivorra rappellera que le fonctionnement du système bancaire est fondé sur le montant de dépôt qui, dans un pays comme la France, procède majoritairement d’une population active constituée à 90% de salariés. Il a estimé que l’un des enjeux actuels est que le salariat se réapproprie le pouvoir de décider de l’utilisation de son argent pour faire prévaloir l’utilité sociale sur la notion de rentabilité qui est au cœur du système capitaliste. Il préconise la mise en place de Fonds régionaux pour l’emploi et la formation, afin de réduire le coût de l’emprunt pour les investissements réellement productifs.
Pour conclure, Patrice Decorte (PG) estimera que la crise de la dette résultant de décisions politiques, la « question du pouvoir est centrale » pour que le Front de gauche permette l’émergence d’un Front du peuple le plus large possible.
D.P
http://www.lamarseillaise.fr/zone-var/var-societe/item/20957-draguignan--pour-construire-une-alternative-a-lausterite
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