Zone euro : Merkel rigide dans ses bottes
Rédaction Web
2 Décembre, 2011
Après Nicolas Sarkozy, c’était au tour de la chancelière allemande Angela Merkel de discourir ce vendredi matin sur l’avenir de la zone euro. Les
propos sont fermes, inchangés, elle a tout particulièrement insisté sur l'importance de réformer l'Union monétaire européenne pour la transformer en une union budgétaire, afin de
surmonter la crise qu'elle traverse, une bataille qui prendra des années selon elle.
Si Sarkozy a joué sur la peur, mot répété a satiété dans son discours de Toulon jeudi soir, les mots de Merkel sont plutôt "discipline" et "respect des
règles". Dans son discours tenu aux députés du Bundestag, elle a martelé : "Les règles doivent être respectées, leur respect doit être contrôlé, leur non-respect doit être suivi
d'effet". Son but étant de créer une "union budgétaire", qui serait une "union de la stabilité".
Un terme flou qui masque une réalité assez simple. Merkel veut organiser un cadre contraignant, pour imposer par la force le respect des règles budgétaires
des traités européens : 3% maximum de déficit et une dette publique qui ne dépasse pas les 60% du PIB. En cas de non respect de ses règles, la Chancelière veut imposer des sanctions
automatiques. Par exemple retirer les fonds structurels aux pays trop endettés, c'est-à-dire supprimer les investissements européens pour les régions pauvres. Une attitude complètement
schizophrénique. Quant au rôle de la Banque Centrale Européenne, Angela Merkel ne bouge pas d’un poil : "C'est gravé dans les traités, le devoir de la BCE est d'assurer la stabilité
de la monnaie" a-t-elle déclaré sous les applaudissements des députés allemands. Elle arrivera au prochain sommet européen, les 8 et 9 décembre avec ces objectifs en tête et on voit mal
qui, parmi les autres dirigeants européens, pourrait lui tenir tête.
Le quotidien allemand Die Welt rapporte en outre une information tout aussi inquiétante. Le ministère des Finances allemand serait en train de plancher sur
un amendement aux traités européens pour les rendre encore plus strictes. En plus d’imposer des sanctions automatiques, le plafond de déficit serait baissé à 2 % et la commission
européenne aurait un droit de regard semestriel, non seulement non seulement sur le respect des limites du déficit public des Etats de la zone euro, mais aussi sur l’allocation des
ressources, pour vérifier que les investissements nationaux sont bien en accord avec la ligne politique de l’UE.
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URL source: http://www.humanite.fr/monde/zone-euro-merkel-rigide-dans-ses-bottes-485089
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