Viande de cheval : résumé d'un scandale alimentaire d'ampleur
Rédaction Web
10 Février, 2013
La découverte de cheval dans des lasagnes censées être au boeuf et vendus par Findus a provoqué un tollé en Grande-Bretagne et met en lumière les
procédés peu ragoûtants de la grande distribution en Europe. Ce dimanche, six enseignes françaises annoncent avoir retiré de leurs magasins en France des produits fournis par Findus et
Comigel
Le point sur l'affaire.
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7 enseignes françaises touchées
La fédération du commerce et de la distribution (FCD) a annoncé ce dimanche que les groupes Auchan, Casino, Carrefour (sous les marques Carrefour et Grand
Jury), Cora, Monoprix et Picard, ont retiré de leurs magasins en France des produits fournis par Findus et Comigel. Les produits ont été retirés "du fait d'une non-conformité d'étiquetage
quant à la nature de la viande", selon la fédération des professionnels, qui regroupe une bonne partie des distributeurs français.
Système U, qui ne fait pas partie de la FCD, a annoncé à l'AFP les retraits de produits Findus et de deux références de produits de sa marque distributeur.
Quant à Leclerc et Intermarché, ils n'avaient pas encore communiqué sur le sujet diamnche après-midi.
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Pas de faute de l'Etat, selon Benoit Hamon
Le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon a réfuté ce dimanche matin, dans un entretien au Parisien dimanche, toute défaillance des services de
l'Etat dans la surveillance de la chaîne de production. "Je ne peux pas mettre un fonctionnaire derrière chaque pain de viande. Le système repose d'abord sur chaque acteur de
transformation et chaque importateur, qui doivent faire les contrôles. Dans cette affaire, la faute a minima, c'est d'avoir réétiqueté la viande importée sans faire les contrôles
suffisants", selon lui.
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Findus accuse son sous-traitant Spanghero...
La découverte de cheval dans des lasagnes censées être au boeuf au Royaume-Uni a poussé samedi le groupe alimentaire Findus à annoncer qu'il déposerait
plainte lundi contre X. Findus accuse la société Spanghero, qui a fourni la viande à Comigel, d'avoir fourni du boeuf sans s'assurer de la qualité du produit.
"Nous verrons mercredi les premiers résultats de l'enquête. Et notamment si l'entreprise française, Spanghero, savait qu'elle achetait du cheval ou si elle a
été trompée", explique Benoît Hamon. "S'il faut engager des sanctions, nous n'hésiterons pas." Selon les autorités, le circuit commercial de la viande, achetée en Roumanie, transitait par
des intermédiaires à Chypre et aux Pays-Bas.
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.. qui s'en prend à son fournisseur roumain
La société française Spanghero a de son côté déclaré s'être approvisionnée auprès d'un producteur roumain, qu'elle envisage de poursuivre en justice. "S'il
s'agissait bien de cheval, nous allons nous retourner contre le fournisseur roumain", a déclaré à l'AFP Barthélémy Aguerre, président de Spanghero. Mais il n'a pas livré le nom de ce
fournisseur, assurant qu'il ne l'avait pas sur lui.
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Les professionnels roumains se défendent
Les professionnels roumains de l'alimentaire ont rejeté dimanche les accusations du fournisseur français impliqué dans le scandale des lasagnes au cheval en
Grande-Bretagne, affirmant que l'origine du problème n'était pas en Roumanie. "J'ai du mal à croire qu'un abattoir roumain ait pu livrer du cheval sous l'étiquette de boeuf", en raison
des contrôles qui se font systématiquement dans les abattoirs, a déclaré à l'AFP le président des syndicats de l'industrie alimentaire (FSIA), Dragos Frumosu. Les autorités roumaines
pointent des contradictions dans les accusations françaises:
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l'importateur français est obligé de vérifier la qualité de la viande lors de la réception, d'autant plus qu'il s'agissait d'une quantité importante. "S'il n'a pas protesté lors de la réception en constatant que c'était du cheval et pas du boeuf, c'est que soit il était complice avec le producteur roumain, soit il a changé l'étiquette après", affirme-t-il.
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"L'importateur français doit montrer les documents, s'il n'en a pas, cela pourrait indiquer qu'il l'a achetée sur le marché noir ou qu'il veut cacher quelque chose", a objecté le président de l'association Romalimenta, qui regroupe les patrons roumains de l'alimentaire. D'autant plus que la viande devait porter une étiquette indiquant précisément l'abattoir et le pays d'origine.
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La viande ne pouvait pas être livrée hachée - ce qui aurait pu empêcher de déterminer sa composition exacte- car cela impliquerait qu'elle ait été congelée puis dégelée pour la préparation des lasagnes. Or cela est interdit par la législation. Le ministère roumain de l'Agriculture a annoncé samedi soir avoir ouvert une enquête sur cette affaire.
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Comigel au coeur de l'affaire
Comigel est au coeur de l'affaire. Cette usine est spécialisée dans la fabrication de plats surgelés à marque de distributeur et se fournissait auprès de
l'entreprise Spanghero. Cette PME basée à Metz fournissait de nombreux clients à travers l'Europe. Des produits qui sont ensuite distribués dans 16 pays d'Europe.
Pour l'instant, outre la France, des produits ont été retirés au Royaume-Uni, où le scandale est le plus fort compte tenu du statut tabou de la viande de
cheval dans l'alimentation, et en Suède.
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La Grande-Bretagne vers un moratoire des importations de viande
"Je pense qu'il devrait y avoir un moratoire sur toute la viande" en provenance de l'Union européenne "le temps de déterminer la source de la contamination",
a déclaré Anne McIntosh sur la BBC. La présidente de la commission parlementaire britannique chargée des questions d'alimentation, députée, membre du Parti conservateur du Premier
ministre David Cameron, avait déjà fait cette demande la semaine dernière, au début du scandale.
"Nous devons être très prudents avant de mettre en place des mesures protectionnistes", lui a répondu Mary Creagh, chargée des questions d'alimentation chez
les travaillistes. "Des abattoirs britanniques exportent en Europe du cheval contaminé au phenylbutazone", un médicament utilisé pour traiter la douleur chez les chevaux, a-t-elle affirmé
sur la chaîne Sky News. Or ces animaux sont considérés comme impropres à la consommation à cause du "risque pour la santé", selon les autorités sanitaires britanniques. "On ne sait pas si
les abattoirs en question fournissent de la viande au Royaume-Uni. Donc un moratoire risque de ne pas être la réponse appropriée", a estimé Mary Creagh.
De son côté, le ministre britannique de la Santé, Jeremy Hunt, a réaffirmé dimanche que les produits incriminés ne présentaient pas, à ce stade de l'enquête,
de risque pour la santé.
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S.G.
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