Venezuela: la corruption, l'insécurité, l'inefficacité ont pesé lourd sur la présidentielle (analyse)
Rédaction Web
16 Avril, 2013
Chroniques vénézuéliennes
[1]. Jean Ortiz décrypte les résultats serrés de l'élection présidentielle de dimanche.
La droite vénézuélienne, battue à 14 élections sur 15 depuis 1998 par le chavisme, a affuté sa stratégie électorale et infléchi hypocritement son discours
vers "plus de social", afin de masquer sa vraie nature. Ultralibérale, elle s'est réclamée pendant toute la campagne présidentielle, par exemple, des "missions sociales" mises en
place par le président Chavez. Le mensonge a en partie payé..., mais son candidat Henrique Capriles, est une nouvelle fois battu, avec une marge plus limitée que celle que nous
attendions. Manifestement le "quotient personnel" de Chavez allait au-delà du "vote socialiste".
Victoire tout de même
La campagne politique, très (trop?) affective de Nicolas Maduro, très émotionnelle après la mort du "comandante" Chavez, n'a pas entraîné l'adhésion de
l'ensemble du vote chaviste. Les problèmes tels que la corruption, l'insécurité, l'inefficacité, sous-estimés depuis longtemps, endémiques, ont pesé lourd et donné une victoire plus
courte que prévue, mais victoire quand même, au chavisme. Une défaite, après le vide laissé par le charisme et la personnalité exceptionnelle de Hugo Chavez, aurait porté un coup à tout
le mouvement d'émancipation continental.
Humilité
Si la droite vénézuélienne prenait la responsabilité de ne pas reconnaître le résultat, elle porterait une lourde responsabilité dans les conséquences
prévisibles pour la démocratie vénézuélienne. Battue une nouvelle fois, soutenue par une coalition internationale puissante, agressive, haineuse, si elle optait pour la stratégie de la
déstabilisation, elle choisirait la voie irresponsable du chaos et de l'aventure sanglante. Nicolas Maduro, dont l’élection est confirmée par le Conseil National Electoral, a
appelé à un "gouvernement de l'honnêteté" et à "réimpulser" le processus de transformation sociale en cours. L'heure est à l'humilité, mais en retenant l'essentiel: sans Chavez,
la révolution, dans des conditions adverses, par la voie électorale, pluraliste, pacifique, a une nouvelle fois gagné.
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Jean Ortiz
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