Dans un rapport annuel sur les frais d’inscription universitaire, l’Unef a épinglé 28 établissements parmi lesquels figurent Aix-Marseille II et III. ARCHIVES
LA MARSEILLAISE
Enseignement. L’Unef dénonce un abus aux frais d’inscription dans plusieurs
universités.
Dans un rapport annuel sur les frais d’inscription universitaire, le syndicat étudiant majoritaire, Unef,
a épinglé 28 établissements. Parmi ces derniers qui seraient, selon ce rapport, clairement « dans l’illégalité », Aix-Marseille II et III figurent au rang des premiers.
Les pratiques de ces universités ne sont pas nouvelles, indique le rapport. Faisant passer ces frais pour obligatoires, les universités n’hésiteraient pas à réclamer aux
étudiants de certains masters, des sommes allant jusqu’à 5 990 euros. Les autres nouveaux inscrits se verraient soumis au versement d’un montant de 29 euros sans
explications vraiment précises. « On leur indique que cette somme sert à financer un guide pour étudiants ou des services divers. On parle même de financement au profit
d’associations d’anciens étudiants », commente Albin Faure, secrétaire général de l’Unef à Aix-Marseille III.
Dans le palmarès des pratiques douteuses signalées par le syndicat, les étudiants de l’institut
d’administration des entreprises (IAE) apparaissent comme le dindon de la farce. En provenance souvent de pays étrangers, ils n’ont qu’une chose en tête : obtenir
rapidement leur diplôme. Et, de ce fait, préfèrent ne pas être très regardant sur le reste. Pourtant, en 2006, les frais demandés par l’université à ces étudiants
intégrant un master avoisinaient les 16 000 euros. Ils sont aujourd’hui réduits à 4 000 euros, « suite à une condamnation de l’université Paul-Cézanne », explique Albin
Faure. Et de développer : « Actuellement, l’arnaque perdure, car ces 4 000 euros servent à une inscription en DU (diplôme universitaire) qui n’est en aucun cas
obligatoire, mais sur laquelle un chantage est fait aux étudiants de manière informelle. S’ils ne s’inscrivent pas au DU, pas d’inscription à l’IAE non plus.
»
Ces étudiants, qui ne peuvent couvrir de telles sommes, se voient le plus souvent contraints de procéder à
des emprunts bancaires. Et, à ce propos, la profusion de tracts, flyers et autres gadgets porteurs de sigles d’établissements bancaires divers apparaissent sans complexe
sur les campus avec force éloquence. Les banques s’appliquent à proposer les meilleurs prêts à taux réduits à ces futurs diplômés, plumés avant l’heure. Pour l’Unef,
dans la même logique, les mutuelles ont, elles, franchi sans aucun problème le pas depuis longtemps. Les stands de ces dernières, qui contractent des partenariats avec
les banques, bourgeonnent à chaque rentrée sur tous les campus français.
En attendant une réaction de la ministre de l’Enseignement supérieur afin de faire respecter la loi sur
les inscriptions, le syndicat étudiant est décidé à « porter les cas litigieux devant les tribunaux administratifs ».
NABIHA GASMI
Aix-Marseille II et III démentent
Du côté des universités de la Méditerranée et Paul-Cézanne, on dément les allégations de l’Unef. Concernant les frais d’inscription de 29 euros versés par la plupart des
étudiants lors de leur inscription, le président d’Aix-Marseille II, Yvon Berland, a une explication toute simple. Ces frais ne seraient, selon ses dires, rien d’autre
que facultatifs. Ils correspondraient à un service rendu comprenant une enveloppe de bienvenue, un agenda offert et une carte à puce de services interuniversitaires.
Aix-Marseille III (Paul-Cézanne) soutient de son côté qu’il n’y a pas de frais illégaux. Car, précise cette dernière dans un communiqué, « les frais pour prestations
complémentaires ont été supprimés à l’université par décision de son conseil d’administration du 20 juin 2008 ».
Parmi les universités qui sont visées par le rapport de l’Unef figurent aussi Paris I, II, IV et XII, Lyon II et III, Grenoble II, Bordeaux II et IV, Toulouse I, Lille
I, Perpignan, Nice, Pau. Les frais d’inscriptions sont fixés chaque année par arrêté ministériel.
Pour la rentrée 2010, une inscription en licence s’élève à 174 euros, pour un master à 237 euros et pour un doctorat à 359 euros. Au total, ce sont dix universités qui
demandent des frais supplémentaires supérieurs à 400 euros en 2010, selon le syndicat. En 2007, elles étaient au nombre de six. Une pratique qui, d’après l’Unef, prend
de plus en plus d’ampleur au sein des établissements d’enseignement supérieur.
N.G
Pour consulter le rapport de l'Unef du palmarès 2010 des universités hors-la -loi cliquez ici
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