Un communisme nouvelle génération
Humanité Quotidien
12 Novembre, 2012
Politique. PCF
Le PCF a reçu 400 de ses nouveaux adhérents, samedi, à son siège national. Objectif : faire la preuve du renouveau de ses militants, mais aussi de
ses idées.
«Oubliez tout ce que vous pensez savoir. Vos grilles de lecture sont périmées. » L’avertissement est lancé, samedi dernier, par le secrétaire national du
Parti communiste, Pierre Laurent, aux journalistes invités, faire-part à l’appui, à venir « enterrer l’enterrement du PCF [1] ». Un peu « potache », s’amuse le dirigeant
communiste, mais l’objectif est bel et bien de sonner le glas du déclin et de la mort maintes fois annoncés de son parti. Les quelque 400 nouveaux adhérents réunis ce week-end au siège du
PCF [2], place du Colonel-Fabien, à Paris, ont donné un visage à cette nouvelle génération de
communistes souvent occultée. Un visage, mais aussi une force d’engagement et d’idées.
Des terrasses au sous-sol du bâtiment d’Oscar Niemeyer, ces nouveaux venus se croisent et se découvrent. Les âges sont aussi divers que les horizons desquels
ils sont, les uns et les autres, issus. Parmi les 6 500 adhésions réalisées en 2012 dont ils sont, ce jour-là, les représentants, on compte « des jeunes mais aussi des syndicalistes
aguerris, des gens qui accompagnaient jusque-là nos idées sans s’engager dans le combat militant », relève Pierre Laurent, en marge de l’événement. Alors après la visite, vient l’heure de
témoigner.
« Compléter » son engagement
Sous la coupole bondée du siège, Elvire, elle-même adhérente depuis février seulement, les invitent à livrer « l’élément déclencheur » qui leur a fait sauter
le pas. Les réponses ne se font pas attendre. Pour certains, c’est la campagne électorale du Front de gauche. À l’instar de Christophe qui a « pris sa carte » en mars, à
la Bastille, ou de Fabien, un jeune magasinier de vingt-deux ans, qui s’est reconnu dans « les idées de Mélenchon » et a rencontré les communistes dans sa ville. Cette proximité est, pour
beaucoup, la clé. « Avant, je ne votais pas, je pensais que la politique, ce n’était pas fait pour les gens comme moi », explique Pauline, convaincue par les élus de
Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) mobilisés même « lorsqu’il n’y a pas d’élection ». Même tonalité chez Fatima qui a d’abord côtoyé les communistes lors des luttes pour l’école de
son quartier de la Goutte d’or (Paris 18e). La « tournure de la crise », le « poison des marchés », le « capitalisme destructeur »,
autant que la « force du collectif » ou « la solidarité » figurent parmi les multiples raisons invoquées. Comme Patrick (voir ci-dessous), Marie-Jo a, elle, décidé de « compléter » son
engagement syndical, tandis qu’Arnaud ou Amina ont décidé de retrouver leur « famille » après une période de rupture.
S’il y a eu des moments difficiles, « nous sommes passés en dynamique offensive », déclare Pierre Laurent [3] devant cette « nouvelle génération de communistes » qui s’affirme, selon lui, aux côtés d’« un communisme de nouvelle génération » fondé sur « la force
du partage ». Car, explique-t-il, « l’idée grandit en France mais aussi en Europe et dans le monde qu’il n’est plus possible de borner l’horizon de la société aux logiques
capitalistes destructrices ». Un renouveau à la source d’une nouvelle campagne de communication : « Je suis communiste et ça fait du bien ! » Car, justifie le dirigeant communiste en
présentant les affiches, « ça fait du bien de partager. Ça fait du bien d’échapper à l’assignation d’être des vainqueurs, des agressifs, des égoïstes. Du bien à la France, à notre
société, à notre avenir commun, tout simplement ».
Les rendez-vous à suivre du congrès du PCF. Après la rencontre de ce week-end avec les nouveaux adhérents à son siège national, le PCF a
programmé d’autres rendez-vous dans le cadre de la préparation de son 36e Congrès, qui se déroulera du 7 au 10 février, à Aubervilliers. Prochaine étape dans le Nord, le 24 novembre, avec
« un grand rassemblement consacré à (sa) conception du redressement productif de la France, de la classe ouvrière, de l’industrie, du travail, et à une nouvelle conception du
développement productif », selon les termes du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. Les 14 et 15 décembre, les adhérents du Parti seront appelés à choisir leur texte commun, mais
ce week-end sera aussi celui de la « grande rencontre » dans les quartiers populaires de Marseille autour des thèmes de « la République, de l’égalité et de la lutte contre toutes les
formes de discriminations et de division ». Plus tard, courant janvier, deux rendez-vous à Paris seront consacrés au « sens et à la portée de l’engagement communiste ».
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Julia Hamlaoui
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