Un chômage accru nourri par la politique d’austérité
Humanité Quotidien
29 Juillet, 2011
Emploi
Nos libéraux ne savent pas à quel saint se vouer. Ils sentent que le sol se dérobe sous leurs pieds et ils croient que la solution, c’est de sauter en l’air.
Presque partout dans les pays capitalistes développés le chômage et la précarité se maintiennent à un haut niveau, voire progressent, alimentés par des politiques d’austérité pour les
peuples et de soutien aux profits. Fin 2010, le Bureau international du travail soulignait le contraste entre le «niveau élevé du chômage mondial» et une «reprise économique constatée».
Les grands groupes ont en effet donné la priorité à la restauration de leur rentabilité en sacrifiant l’emploi. Mais cette politique ne peut qu’étouffer l’activité.
À la mi-juillet, l’OCDE, une institution internationale qui regroupe les grands pays capitalistes, pourtant très influencée par le libéralisme anglo-saxon,
notait «un ralentissement au Canada, en France, en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni…» et aux États-Unis. En ce qui concerne la France, mardi soir, le FMI a rappelé dans un rapport
qu’il prévoit un ralentissement de la croissance. Si les prévisions pour 2011 du Fonds monétaire international et du gouvernement français sont similaires, autour de 2%, elles divergent
pour la suite. Le FMI prévoit un ralentissement à 1,9% en 2012, alors que Paris table sur une accélération à 2,25%. L’écart est encore plus prononcé pour 2013 : 2% pour le Fonds, contre
2,5% pour le gouvernement.
En bonne logique, ces constatations devraient conduire nos fans du libéralisme à réviser leur copie. Pas du tout. Compte tenu du ralentissement de la
croissance, qu’il envisage, le FMI met en garde la France contre «le risque de ne pas respecter ses objectifs» visant à ramener le déficit budgétaire à 3% en 2013, conformément aux pactes
de stabilité et euro plus, et l’invite à «davantage d’efforts» pour les atteindre. Il réclame une nouvelle réduction des dépenses publiques de 16 milliards d’euros. La ministre du Budget
de Nicolas Sarkozy, Valérie Pécresse, obtempère aussitôt, annonçant que «des économies supplémentaires sur les niches fiscales (seraient) réalisées, si nécessaire» dès 2012, au-delà des 3
milliards déjà prévus. Dans ces conditions, la droite aura beau sauter en l’air, le chômage continuera d’augmenter.
Pierre Ivorra
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