Tunisie : démission de Mohamed Ghannouchi
Alors que de nouvelles violences ont éclaté dimanche en début d'après-midi dans le centre de Tunis, au lendemain d'affrontrements ayant fait cinq morts (nouveau bilan), le premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi, dont les manifestants réclamaient le départ, a annoncé dimanche sa démission au cours d'une conférence de presse à Tunis.
"J'ai décidé de démissionner de ma fonction de Premier ministre", a déclaré M. Ghannouchi, qui avait pris les rênes d'un gouvernement de transition après la chute le 14 janvier du président Ben Ali, chassé par la pression de la rue. "Je ne suis pas le genre de personne qui va prendre des décisions qui pourraient provoquer des victimes", a-t-il dit pour expliquer sa décision.
Beji Caïd Sebsi, ministre du temps d'Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante, a été nommé dimanche Premier ministre tunisien après la démission de Mohamed Ghannouchi, a annoncé le chef de l'Etat par intérim, Fouad Mebazza.
Premier ministre de Ben Ali de 1999 jusqu'à la chute de ce dernier, M. Ghannouchi [1]avait formé le 17 janvier un premier gouvernement dans lequel l'équipe sortante conservait les postes clés. Cinq ministres avait démissionné dans les jours suivant. Dix jours plus tard, il avait annoncé une nouvelle équipe de transition épurée des principaux caciques de l'ancien régime. Le 25 février, une manifestation de masse [2], estimés à quelque 100 000 personnes, avait envahi le centre de Tunis pour réclamer le départ de son gouvernement. Et l'annonce de la tenue d'élections en juillet n'avait pas calmé les protestataires, dans un pays confronté à une situation économique difficile et à l'afflux de réfugiés de la Libye voisine.
Des dizaines de milliers de manifestants ont exigé, vendredi à Tunis, le départ de Mohamed Ghannouchi
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