Un « Samedi noir de l'éducation » sur la place de la Liberté à Toulon
Mille six cents ballons noirs seront symboliquement lâchés dans le ciel toulonnais, ce samedi, par un collectif de parents, enseignants, syndicalistes, et associations portant le deuil de 16 000 emplois supprimés dans l'Éducation nationale. Un geste symbolique des manifestants, tout de noir vêtus, à l'issue d'un rassemblement, place de la Liberté, pour « dénoncer les effets catastrophiques du budget 2011 pour l'école... sur le dos des élèves. »
Hier, lors d'un point presse, à Toulon, le collectif « L'éducation est notre avenir » s'est élevé contre ce qu'il considère comme « une gestion purement comptable » aux conséquences sévères dans l'académie. Maryvonne Guigonnet, secrétaire départementale de la FSU et du Snes, en alignant les chiffres prévisionnels de l'administration, s'est montrée intransigeante : « Le ministère de l'Éducation nationale ne peut plus justifier la suppression des postes en argumentant sur la démographie. Le nombre d'élèves augmente autant dans le premier que dans le second degré, et les emplois continuent de baisser. Nous avons plus d'élèves et moins de moyens. Les coupes budgétaires font que la situation n'est plus tenable dans l'éducation. »
Les élèves en difficulté pénalisés
Et celle-ci de pointer du doigt le très faible taux d'encadrement dans l'académie avec pour conséquence « un enseignement dans des conditions déplorables avec des classes surchargées », pénalisant de fait « la réussite de nos élèves. » Et notamment, ceux en difficulté.
Pour le collectif, la rentrée 2011-2012 s'annonce bien sombre au vu des chiffres prévisionnels de l'académie : « 116 emplois supprimés dans le premier degré alors que nous avons 442 élèves en plus, et 239 emplois supprimés dans le second degré. » La pilule est d'autant plus amère à avaler que « dans le second degré, la suppression représente 2 % de l'ensemble des enseignants alors que la baisse moyenne dans le reste du territoire est de 1,2 %. »
Et les enfants de moins de 3 ans ?
Le Var, selon le collectif, est tout aussi mal loti. « Dans le premier degré, il est annoncé une diminution de 72 élèves et on s'oriente vers des suppressions de postes de 62 emplois. Or, elles conduiront à des classes surchargées en effectifs, et elles ne sont pas du tout justifiées », martèle Cédric Turco, secrétaire départemental adjoint du SNUIPP de la FSU dans le premier degré. Il pointe du doigt la non prise en compte de la scolarisation des enfants de moins de trois ans. « Nous nous mobilisons pour obtenir une école qui se donne les moyens de faire réussir les élèves », dit-il.
Le collectif sera très attentif à la réunion, aujourd'hui, du conseil technique paritaire académique lors duquel le nombre de suppressions de postes dans le premier et second degré sera annoncé.
1-Les signataires du collectif « un pays, une école, notre avenir » : Ageem, Cdal 83, CGT Educ'Action, DDEN, FAEN, FCPE, Francas, FSU, Ligue de l'enseignement, OCCE 83, PEP83, SGEN CFDT, SNCL, UNL, UNSA Education.
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