« La question du niveau d’entretien ainsi que de la modernisation des infrastructures reste posée », souligne la CGT-cheminots. ROBERT TERZIAN
TER. L’insatisfaction des usagers est grandissante bien que des investissements
importants aient été faits par la Région. Les cheminots analysent organisation, moyens et gestion.
Un constat détaillé et des propositions concrètes mais qui ne sont pas « à prendre ou à
laisser », selon Daniel Tourlan, secrétaire régional des cheminots CGT. Ce syndicat est passé à la vitesse supérieure hier à Marseille, lors d’une conférence de presse
exclusivement consacrée « à la qualité de service et au développement des TER en Paca ».
Le nombre de TER est passé de « 240 en 1998 à 750 aujourd’hui », souligne la CGT. Le conseil régional affiche de son côté un bilan de « trois
milliards d’euros engagés en dix ans avec 38 gares réaménagées et une centaine de rames achetées pour 100 000 voyageurs par jour ». Pourtant, relève la CGT, «
l’insatisfaction des usagers est aujourd’hui importante ».
L’état des lieux présenté par le syndicat est émaillé d’éléments techniques qui permettent de mettre des mots et des raisons sur ce sentiment. « Notre
analyse démontre que pour apporter des réponses pérennes nous devons agir sur de nombreux leviers qui relèvent de mesures d’organisation, de moyens et de gestion », note
Daniel Tourlan.
Sans entrer dans les détails d’un texte de 12 pages, relevons, par exemple, la question de la spécialisation et de la perte de polyvalence. «
Aujourd’hui, un agent conducteur de fret n’a plus le droit de conduire un TER et un conducteur TER n’a plus le droit de conduire un TGV », s’exclame Daniel Tourlan. Et
c’est la même chose pour les machines consacrées au fret et interdites d’utilisation pour les TER.
Face à la « logique comptable », unique logiciel au travers duquel la SNCF envisage la vie de l’entreprise publique, les syndicalistes proposent de
faire « du résultat de la production la priorité, mais la production, pour retrouver de la fiabilité, a besoin de souplesse ».
En clair, un meilleur service des usagers ne peut se faire dans le carcan du flux tendu (pas vraiment de stock de pièces de rechange à portée de main
par exemple) imposé par les directions ainsi que par des suppressions de poste qui empêchent un roulement efficace des équipes et les indispensables opérations de
maintenance. « La question du niveau d’entretien ainsi que de la modernisation des infrastructures reste posée », résume Daniel Tourlan.
La Blancarde nouveau point de convergence ?
Au rang des propositions de son syndicat pour un meilleur service rendu au public, figure notamment la forte idée consistant à demander « à la SNCF et
au conseil régional d’étudier le passage des TER directement à Marseille-Blancarde, car depuis 1996 nous attirons l’attention sur le manque d’espace de
Marseille-Saint-Charles », explique Daniel Tourlan pour qui « la Blancarde pourrait devenir un nouveau point de convergence avec le tram, le métro, voire le tram-train,
si la liaison Castellane-Aubagne-Valdonne venait à voir le jour ».
Le document propositionnel de la CGT est destiné à se trouver rapidement sur les bureaux de la direction régionale de la SNCF ainsi que sur ceux du
conseil régional.
Dans le même temps, la CGT n’oublie pas « que le président de la SNCF s’était engagé à une table ronde sur les TER avec le conseil régional et les
organisations syndicales après les élections », note Daniel Tourlan. Ce dernier et ses collègues cheminots ne cachent pas leur impatience.
M.D.
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