Supressions de poste
dans le 1er degré et dans des lycées professionnels
Article paru dans La Marseillaise du vendredi 26 février 2010
Les LEP l’Estaque et Le Chatelier étaient en grève hier. Au collège des Caillols, où les enseignants
ont cessé le travail, les fédérations de parents d’élèves PEEP et FCPE avaient organisé le blocage de l’établissement. LAURENT SACCOMANO
Lycées professionnels.
Les établissements Le Chatelier et l’Estaque pourraient entrer rapidement dans une grève reconductible. La perte d’heures d’enseignement leur faisant craindre le
pire.
Les mauvaises nouvelles continuent de tomber. Il n’y a pas un jour en effet, sans qu’un collège ou un lycée n’apprennent officiellement qu’il va perdre à la rentrée un volume
d’heures d’enseignement non négligeable, se traduisant par la disparition physique de postes de professeurs de français ou d’anglais...
Des suppressions de postes qui seront difficilement compensées à la rentrée par le recours aux heures supplémentaires. Les conditions dans lesquelles va se dérouler la prochaine
rentrée offrent déjà de sombres perspectives. En particulier dans les lycées professionnels où la charge éducative est la plus exigeante et où les moyens vont terriblement
manquer.
Après la réforme du baccalauréat professionnel (le passage en trois années d’étude au lieu des quatre précédemment), les lycées se trouvent sous la pression des coupes
budgétaires qui se traduisent par des saignées dans les effectifs. Provoquant la colère du corps professoral qui hier dans des établissements de l’aire marseillaise a
majoritairement cessé le travail. 100% des enseignants du lycée professionnel de l’Estaque était en grève, 80% au lycée Le Chatelier.
Le lycée de l’Estaque, spécialisé dans les métiers de la mer et qui doit ouvrir à la rentrée une nouvelle section dédiée aux métiers de la sécurité, va perdre entre 3 et 5
postes en septembre. Pas besoin d’être doué en algèbre pour comprendre qu’avec 52 élèves en plus et 5 postes en moins, on va droit à la casse.
Les effectifs des classes vont doubler en lycée pro
C’est la fin du travail en demi-groupe, inimaginable dans ces établissements, où dans les ateliers les consignes de sécurité sont souvent très strictes. « L’anglais a 24, c’est
impensable », assure Emmanuelle Johsua, professeur de lettres, qui parle de grande supercherie. « Nous ne pouvons plus faire nos métiers, nous ne voulons plus d’heures sup, nous
voulons des profs », lance-t-elle. La situation risque de devenir rapidement insupportable, pour les élèves et les profs. « Les gens vont se déchirer entre eux pour obtenir des
heures. »
Les enseignants craignent que la situation devienne rapidement explosive à la rentrée de septembre.
Au lycée Le Chatelier, le proviseur, Colette Giacomi, affirme que les professeurs soulèvent des difficultés réelles. Si elle attendait beaucoup de la réforme du bac pro pour
attirer un nouveau public vers ces lycées, il faut croire que la revalorisation de la filière peine toujours à s’imposer. Mais si en plus on enlève des moyens à ces sections,
elle aussi pourrait rapidement déchanter.
Profs et élèves vont y laisser des plumes
Le lycée va perdre quatre postes et demi de professeurs et un poste occupé par quatre stagiaires de l’IUFM (enseignants en formation). « C’est la levée générale de tous les
engagements », lance un enseignant. Si jusqu’à présent il parvenait tant bien que mal à dispenser un cours différencié pour ces élèves, il sait très bien qu’en doublant les
effectifs, il n’aura aucune marge de manœuvre. Si les élèves les plus faibles vont pâtir de cette situation, les profs ont peur d’y laisser des plumes. Le sentiment que l’on ne
les traite pas de la même manière qu’un professeur de lycée général.
Et ils sont amers les professeurs du lycée Le Chatelier, qui ont toujours, pour certains, en travers de la gorge la réforme du bac pro. L’occasion d’économiser 4 000 euros sur
le dos des élèves. C’est ce que coûte la scolarité d’un élève de lycée pro. Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement qui a pour mission de supprimer 13 000 postes
d’enseignants à la rentrée a pris sa calculette et impose des règles comptables drastiques aux établissements. Dans l’atelier de carrosserie, le nombre de professeurs est passé
de 5 à 3. « On va nous bombarder de 24 heures supplémentaires », témoigne un professeur. Et les exemples comme celui-là se multiplient. « Il y a des lycées qui sont des pôles
d’exception, nous nous n’aurons plus les moyens de devenir des pôles d’insertion », se lamentent les enseignants, qui se déclarent prêts à entrer dans un mouvement de longue
durée.
CATHERINE WALGENWITZ
Premier degré : des dizaines de fermetures de classes
Le comité technique paritaire (CTP), qui s’est réuni hier jusque tard dans la soirée, devrait confirmer l’annonce de la suppression de plusieurs dizaines de classes dans les
écoles maternelles et primaires de l’Académie.
A l’ouverture de cette réunion de travail qui réunit l’inspecteur d’académie et des représentants syndicaux, le syndicat FO, qui avait déposé un préavis de grève, a organisé un
rassemblement en signe de protestation. Le syndicat parle de 114 fermetures de classes proposées pour 17 ouvertures.
Comme dans le second degré, les écoles primaires et maternelles risquent, elles aussi, de payer le prix fort de la politique du gouvernement en matière d’éducation. Une rentrée
qui sera marquée par la suppression de 74,5 postes, conséquence directe de la disparition des stagiaires et compensé par seulement 24 postes.
C.W.
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