Stress et détresse des agents à Pôle emploi
Les agents surmenés de Pôle emploi ont tiré de nouveau le signal d’alarme en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, où le chômage a explosé en 2009.
Un an jour pour jour après la création de Pôle emploi, né de la fusion de l’Assedic et de l’ANPE, les syndicats de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ont demandé, le 5 janvier dernier,
l’ouverture de négociations sur les conditions de travail des agents qui ont de plus en plus de mal à faire face à une vague montante du chômage. La direction faisant la sourde oreille,
l’intersyndicale appelait hier à un mouvement de grève qui avait tout d’un SOS : « Les appels de détresse des salariés se multiplient car ils ne parviennent plus à endiguer le flot
des inscriptions au chômage et font face avec les moyens du bord à l’empilement des dossiers et des demandes de paiement non traités », résume Stéphane Vinclair, secrétaire à SUD emploi
Paca. Cependant la grève a été peu suivie (environ 10 % du personnel), ce qui, pour Georgette Gianola, secrétaire régionale CGT, est un signe inquiétant supplémentaire de « la fatigue
morale et du découragement » qui règnent dans les 27 sites mixtes créés à marche forcée cette année.
Les salariés avaient, le 20 octobre dernier, tiré une première fois le signal d’alarme à l’occasion d’un mouvement de grève national, lancé par un appel de l’intersyndicale provençale. L’accent était mis sur le manque de formation – qui perdure – des salariés « fusionnés », générateur de souffrance au travail, ainsi que sur les dysfonctionnements provoqués par cette fusion entraînant pour dix mille « dossiers » d’importants retards de paiement des indemnités chômage. Ce dernier problème est en passe d’être résolu mais… en allongeant les délais entre le licenciement et le premier entretien à Pôle emploi. Ils seraient passés, en moyenne, de cinq jours autrefois à près de trois semaines en ce moment ! En conséquence de quoi, ainsi que s’en inquiète Georgette Gianola, « les incidents se multiplient entre des agents de plus en plus stressés et des chômeurs de plus en plus agressifs ». Ce dans un contexte économique anxiogène, marqué par une hausse du chômage et des perspectives peu reluisantes en ce domaine dans une région où a été de nouveau franchie la barre symbolique des 10 % de la population active en quête d’emploi. C’est dire que les résultats de l’enquête en cours sur les risques psycho-sociaux dans les antennes de Pôle emploi sont particulièrement attendus. Autant par le gouvernement qui l’a diligentée que par les salariés stressés et les chômeurs en détresse.
Philippe Jérôme
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