Soudan : bataille acharnée pour les puits de pétrole
Rédaction Web
17 Avril, 2012
Le Soudan du Sud entend défendre coûte que coûte le champ pétrolier de Heglig qu'il a pris la semaine dernière au Soudan, à la frontière entre les
deux pays. La tension monte, l’ONU s’inquiète du renforcement des milices armées dans les deux camps.
L'armée sud-soudanaise occupe depuis la semaine dernière le secteur producteur de pétrole d'Heglig, dont les deux pays revendiquent la souveraineté. Khartoum
a promis de le reprendre "par tous les moyens" et le Parlement soudanais a qualifié hier le gouvernement de Juba d'"ennemi". Les deux Soudans s'affrontement dans la région depuis fin
mars, dans les pires combats depuis l'accession à l'indépendance du Sud en juillet dernier.
[1]Avant de s'y positionner plus durablement mardi
dernier, les troupes de Juba avaient déjà brièvement pris Heglig à leurs homologues soudanaises fin mars. Le différend sur le tracé de la frontière commune est, avec des accusions
réciproques de soutien à des groupes rebelles et le partage des ressources pétrolières du Soudan d'avant sécession, l'une des principales sources de tension Nord-Sud. A l'indépendance,
Juba a hérité des trois quarts des réserves de brut. Et Heglig assure à elle seule aujourd'hui environ la moitié de la production de pétrole du Nord. La région est donc ultra-stratégique
pour Khartoum, qui n'entend pas la laisser échapper.
Les deux pays se reprochent mutuellement d'avoir choisi la voie d'une nouvelle guerre. Cette semaine encore, le Sud a accusé le Nord d'avoir bombardé un camp
de Casques bleus dans l'Etat d'Unité, une accusation démentie par le Soudan mais relayée par l'ONU. Bombardements aériens, tirs d'artillerie lourde : chacun estime être dans son bon
droit, en situation de défense, et accuse l'autre d'avoir lancé l'offensive. Khartoum a claqué la porte de négociations destinées, sous l'égide de l'Union africaine, à apaiser les
tensions et les deux capitales semblent rester sourdes aux appels à la retenue de la communauté internationale.
-
Condamnation de l’ONU
Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Mme Navi Pillay, a exhorté mardi le Soudan et le Soudan du Sud à "arrêter la violence", estimant que les
tensions dans la région risquent d'ébranler l'accord de paix signé en 2011 entre les deux pays. "Je condamne le bombardement aérien indiscriminé par les forces soudanaises sur des zones
civiles du Soudan du Sud, y compris à Mayom et Bentiu dans l'Etat d'Unité, ayant causé le décès d'au moins huit civils et blessé" plusieurs autres depuis dimanche, a-t-elle
poursuivit.
Depuis la partition, plusieurs questions restent non réglées et alimentent les tensions entre les deux voisins, dont le statut de la zone d'Abyei, région aux
terres fertiles. Les habitants de cette région devaient se prononcer par référendum sur leur rattachement au Sud ou au Nord, mais une controverse sur les critères d'inscription sur les
listes électorales a empêché la tenue du scrutin.
-
Lire aussi
Publicité
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)