Les cheminots tirent le signal d’alarme
Humanité Quotidien
24 Octobre, 2012
SNCF
Notre système ferroviaire et le statut social des cheminots, en plus de leur pouvoir d’achat, sont en péril imminent, estiment quatre fédérations syndicales de la SNCF, qui appellent dès
ce soir à la grève.
«C’est un mouvement qui aura de la gueule », annonce Serge Cayol, le secrétaire général adjoint de la CGT cheminots Provence-Alpes-Côte d’Azur, à propos de la grève qui démarre pile à 19 heures
ce soir dans toutes les gares SNCF [1]pour un terminus annoncé ce vendredi à 8 heures, si les assemblées générales n’en décident pas autrement.
La grève unitaire organisée par la CGT, la CFDT, l’Unsa et SUD rail – ce que l’on n’avait pas vu depuis des lustres – pourrait-elle se prolonger pendant les vacances scolaires de la Toussaint ?
En tout cas, « le malaise des cheminots est profond », souligne Serge Cayol, qui en veut pour preuve le fait que la CFDT vient de refuser de signer l’accord salarial 2012 ,
portant sur une augmentation des salaires de 0,5 %, à compter seulement du 1er octobre de l’année. « Une véritable provocation inspirée par Bercy », estime la CGT, en s’indignant que de ce fait
« un jeune embauche maintenant à la SNCF… en dessous du Smic ! ». À ce sujet, Guillaume Pepy, le président de la SNCF, a récemment annoncé que l’entreprise nationale recruterait environ 5 300
personnes en 2012 et 40 000 d’ici à 2020. « Un enfumage médiatique [2]», dénoncent les
syndicats en comptabilisant 6 900 départs à la retraite en 2012 soit, en réalité, une évaporation d’au moins 1 600 emplois. Ce qui se traduira, selon le secrétaire général de la
CFDT cheminots qui le déclare à l’AFP, « par moins de service, moins d’entretien et des conditions de travail dégradées ».
La perspective d’une mise en concurrence
« Tout se passe comme si la feuille de route fixée par Sarkozy à Pepy était toujours en vigueur », s’impatientent les syndicalistes de la CGT, qui ont accueilli avec circonspection l’annonce, par
le nouveau ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, d’une « belle et grande réforme du ferroviaire ». Réforme dont le pilier serait, dans la perspective d’une mise en concurrence, à l’horizon
2014, du trafic voyageurs régional, la réunification de la SNCF et de RFF (Réseau ferré de France), qui est lourdement endetté. Ils avaient été séparés en 1997 pour remettre financièrement
d’aplomb la SNCF, dont la direction pencherait maintenant pour la création d’une holding sur le modèle allemand, c’est-à-dire développant des filiales dans les régions. Les
syndicats et principalement la CGT militent plutôt pour une réunification et un désendettement dans le cadre juridique actuel de l’Epic (établissement public d’intérêt commercial). Selon eux,
l’intégration dans la SNCF du futur gestionnaire des infrastructures ferroviaires doit permettre une égalité de traitement des usagers du
service
public et la préservation du statut social des cheminots, qu’ils soient bretons ou pyrénéens.
Quoi qu’il advienne à ce sujet, « il faut un changement radical de politique à la SNCF », insistent les syndicats pour qui la grève est un « signal d’alarme » tiré pour remettre sur une bonne
voie autant Guillaume Pepy [3] que Jean-Marc Ayrault.
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· Lire aussi :
Le point de vue de Gilbert Garrel, secrétaire général de la fédération CGT Cheminots : "La SNCF
ne respecte pas la loi" [4]
SNCF : la tentative de hold-up de Guillaume Pepy [5]
SNCF : "le levier de productivité ne passera pas par des suppressions de postes" [6]
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SNCF : "le levier de productivité ne passera pas par des suppressions de postes" [6]
Philippe Jérôme
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