Les parents d'élèves de la FCPE, les lycéens de l'UNL et la Fidl ont appelé ensemble à des
assemblées générales. Photo SC
De Pôle Emploi aux Sapeurs fôrestiers en passant par
les syndicats enseignants. Paroles de représentants syndicaux pour la défense des services publics de qualité et combattre les réformes.
Pour les salariés de Pôle Emploi, résultat de la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC, manifester pour la défense du service public prend un sens particulier.
Emilie Cantrin, déléguée CGT. « Nous sommes désormais dépendants d’une structure de droit privé. Les agents ont deux ans pour choisir de passer ou pas sous statut de droit
privé. S’ils font ce choix, ils verront leur salaire augmenter de 20%. C’est bien la preuve que malgré tout ce qu’on dit, les fonctionnaires ne sont pas si bien payés que ça et
que l’on nous tient, au contraire, par les bas salaires. Si l’argument est évidemment important, le statut public reste essentiel. A titre personnel tout d’abord puisqu’il y a
une garantie d’emploi qui n’est pas négligeable car nul ne saurait dire où on en sera dans dix ans. Mais aussi à titre professionnel. Le statut public permet une indépendance
réelle car les augmentations de salaire et l’évolution de carrière ne sont pas liés à une hiérarchie locale. Or, aujourd’hui, cette indépendance est devenue insupportable à ceux
qui nous dirigent. Car elle permet aux employés de refuser d’exécuter des missions hors propos, comme procéder aux contrôles des papiers d’identité des demandeurs d’emploi,
envoyer les personnes vers des opérateurs privés ou ne pas atteindre les « objectifs » de radiation que l’on peut nous fixer… Certes, avec la crise, l’augmentation du nombre de
chômeurs et la désorganisation résultant de la mise en place de Pôle emploi, tout ceci a été « allégé » ces derniers temps. Mais il ne faut pas se faire d’illusions, cela va
remonter en puissance et là, le statut privé permettra d’augmenter la pression exercée sur les agents ».
Les institutions n’ont plus de moyens
Lutte contre la suppression de la taxe professionnelle et la réforme des collectivités territoriales : deux arguments majeurs pour les Sapeurs forestiers.
Alain Zamit, secrétaire CGT au Conseil général des Bouches-du-Rhône. « Avec la baisse des moyens liés à la suppression de la taxe professionnelle, notre institution n’a plus les
moyens de travailler correctement. Le président du Conseil général nous a déjà annoncé non pas des licenciements mais le non-renouvellement des départs à la retraite. Cela va se
faire sentir d’ici deux ou trois ans et à moyen terme nous devrons travailler en effectifs restreints. Concrètement, nous œuvrons actuellement à six équipes de 26 personnes sur
l’ensemble du département. Nous travaillons au débroussaillage, à l’entretien, à la création de pare-feu puis de juin à septembre, on bascule sur les missions de surveillance
dans des vigies et d’interventions. A terme, nous devrons travailler par équipe de 20. Cela signifiera moins de prévention et moins de possibilité d’intervention, sur les
incendies mais aussi autour de toutes les intempéries puisque nous intervenons pour aider les gens quand il y a de la neige, des orages… Gratuitement puisqu’il s’agit d’un
service public. C’est tout ceci qui est remis en cause : des conditions de travail pour nous et une qualité de service public pour la population. Et c’est donc pour défendre
cela que nous serons dans la rue le 21. Pour nos collègues, la situation demeure compliquée. Notre discours trouve un large écho mais beaucoup sont totalement coincés par des
crédits à la consommation qui souvent les empêchent de passer de la critique à l’action collective. J’espère pourtant que le 21 les gens vont se mobiliser massivement ».
Moins 50 000 postes dans l’Education Nationale
"Le pouvoir d'achat des fonctionnaires a perdu 8% en dix ans" et "sur l'emploi, le gouvernement refuse de négocier", a dit Jean-Marc Canon, secrétaire général des fonctionnaires
CGT. Les appels à la grève seront nombreux dans l'éducation, avec même un préavis national de la CFDT pour le privé. Dans le primaire public, près de 20% des enseignants (selon
le ministère) et 33% (selon la FSU) entendent faire grève. Les parents d'élèves de la FCPE, les lycéens de l'UNL et la Fidl ont appelé ensemble à des assemblées générales. Un
rassemblement est prévu à Paris, place de la Sorbonne à 10h00. "Les 50.000 postes d'enseignants supprimés depuis 2007 ont des conséquences très lourdes : classes de plus en plus
chargées, options supprimées, remplacements non assurés", disent la FCPE, l'UNL et la Fidl. Le Sgen-CFDT craint en particulier que les professeurs néo-titulaires exercent à
temps plein à partir de la rentrée 2010. La réforme "n'atteindra qu'un seul but en 2010 : la suppression de 18.000 postes dans l'Education nationale", disent FCPE, UNL et Fidl.
Dans les universités, l'UNEF (étudiants) et 19 syndicats appellent en particulier à manifester contre le recrutement des futurs enseignants des écoles, collèges et lycées au
niveau du Master 2 (bac+5).
Témoignages Angélique Schaller
Photos :Patrick DI DOMENICO
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