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Service public : Le Sud résolument dans le mouvement social !

Article paru dans La Marseillaise du vendredi 22 janvier 2010


 

De Paris à Avignon, ou de Toulon à Montpellier en passant par Nîmes, Digne et Marseille, la volonté de s’opposer à la casse des services publics et de l’emploi était hier au cœur des différentes manifestations. Photo RT
De Paris à Avignon, ou de Toulon à Montpellier en passant par Nîmes, Digne et Marseille, la volonté de s’opposer à la casse des services publics et de l’emploi était hier au cœur des différentes manifestations. Photo RT
Qu’il s’agisse des hôpitaux, de l’Éducation ou des collectivités territoriales, les fonctionnaires du Sud ont lancé un coup de semonce au gouvernement.

 

Marseille, 8000 sur le Vieux-Port
A Marseille ils se sont retrouvés à plus de huit mille avant d’arriver au Vieux Port. Plus précisément devant l’Hôtel de Ville. Histoire d’afficher la présence des fonctionnaires territoriaux inquiets de la réforme des collectivités territoriales louée par le sénateur-maire, Jean Claude Gaudin, et faire savoir à ce personnage influent de l’UMP, tout ce que les agents de la fonction publique pensent de la politique de l’Elysée et de Matignon. Tout aussi symbolique que son terme, le point de départ de ce premier grand cortège revendicatif unitaire de l’année : constitué à proximité de l’Inspection académique, le défilé était en effet composé à plus de moitié par les personnels enseignants et non enseignants de l’Education nationale auxquels s’étaient joints étudiants, lycéens et parents d’élèves. L’UNEF, la FIDL, l’UNL et la FCPE avaient d’ailleurs associé leur appel à la manif à celui lancé par la CGT, la FSU et Solidaires.
Au delà de la spécificité des incidences de la politique gouvernementale sur chacun des secteurs représentés, le tronc commun du refus des effets dévastateurs de la Révision générale des politiques publiques, le non remplacement de dizaines de milliers départs à la retraite, et de la remise en cause des services publics. On notait la participation des partis de gauche avec une présence remarquée du front de gauche et de sa tête de liste régionale Jean-Marc Coppola.

Hérault, Les enseignants n’étaient pas seuls…
Dans l’Hérault, le ciel a pris la manifestation sous son aile, bleue. 1500 personnes selon la police, 2500 selon les manifestants ont défilé hier, dans une certaine indolence. « Ca manque un peu d’énergie, d’ambiance, mais c’est normal, avec ce que les gens se prennent dans la figure », commente une jeune enseignante. Le monde de l’éducation, comme prévu, était le plus représenté. Selon le Snes, la grève a été suivie par près de 50% des personnels dans les collèges et les lycées du département. 44 écoles étaient par ailleurs fermées dans la seule ville de Montpellier. La fonction publique territoriale n’était pas en reste. Les employés du Conseil général ont dénoncé la réforme des collectivités. Les personnels civils de la défense, quant à eux, ont ouvert le cortège sous la bannière des « oubliés de Montpellier ». Une centaine d’entre eux restent sur le carreau, sans nouvelle de leur avenir, alors que les sites militaires ferment dans les mois à venir. Les hospitaliers (Béziers, Montpellier) ainsi que les fonctionnaires des impôts (47% de grévistes selon la CGT) ont également nourri les rangs. Partie du jardin du Peyrou, la manifestation s’est terminée dans une mêlée de drapeaux place de la préfecture, où une délégation devait être reçue.

Var, 3000 manifestants à Toulon
Les actions ont été multiples dans le Var. Le matin à Toulon, les organisations syndicales ont appelé à deux rassemblements : sur la place de la Liberté pour l’Education autour d’une intersyndicale FSU-CGT-SUD-UNSA-CFDT, et devant la préfecture avec les agents territoriaux, les retraités ou encore les salariés d’EDF à l’initiative de la CGT du Var. Ils ont ainsi été 3000 à défiler ensemble dans les rues de la ville avant de remettre une motion aux représentants de l’Etat. L’après-midi, la CGT des Territoriaux avait convié usagers, élus, salariés et syndicats à débattre de la réforme des collectivités locales et de la suppression de la taxe professionnelle à La Seyne. Une initiative qui en appelle d’autres.

300 manifestants à Digne-les-Bains
En guise de symbole, les organisations syndicales, exception faite de FO qui prône la grève générale, avaient convenu d’un rassemblement devant l’IUFM avant q’un cortège de 300 manifestants ne s’ébranle dans les rues de Digne jusque devant la préfecture. Déjà mise à mal par une saignée sans précédent de ses effectifs, l’Education nationale se voit en effet confrontée à la suppression de la formation professionnelle pour les maîtres d’école et professeurs des collèges. Nombre de fonctionnaires des services publics et des services de l’Etat, mais aussi des enseignants, des postiers et des retraités de même que des partis politiques de gauche comme le PCF ou encore le NPA étaient dans le cortège.
Vaucluse : les différents secteurs publics dans la rue
A Avignon, quelque mille manifestants ont défilé hier dans la rue, à l’appel des organisations syndicales unitaires CGT, FSU et Solidaires. Dans le cortège, personnels de l’Education et agents territoriaux représentaient des secteurs entiers de la fonction publique qui compte 35 000 fonctionnaires dans le département dont 15 000 agents territoriaux au service des Vauclusiens. Parmi ces territoriaux, on notait la présence d’agents du Conseil général du Vaucluse (SNU-CLIAS-FSU et CGT) et pour la CGT, du centre hospitalier de Montfavet, de la mairie d’Avignon, des sapeurs pompiers du Vaucluse, de l’INRA d’Avignon, ainsi que des personnels de quatre crèches avignonnaises. On comptait aussi des représentants des lycées Aubanel d’Avignon et Victor Hugo de Carpentras.

Gard : trois rendez-vous à Nîmes
Dans les rues de Nîmes, ils n’étaient pas si nombreux à défendre la fonction publique. On en espérait davantage. Un millier tout au plus, rassemblé devant la Maison Carrée et arpentant les rues pour rejoindre une délégation CGT territoriaux qui elle, s’était rassemblée parallèlement devant les grilles de la préfecture gardoise. Pourtant, les taux de grèves annoncés pour l’Education nationale étaient assez élevés (la CGT Educ’ avance 50% de grévistes pour le second degré). Comment comprendre alors la faiblesse relative, de la mobilisation ? Division syndicale ? Trois rendez-vous à Nîmes dans la journée, ça divise les forces (d’autant que tous les syndicats n’appelaient pas à la grève). Résignation aussi peut être. Dernière explication plausible, les suppressions massives de postes ont eu raison d’une partie des forces vives du progrès social…

Reportage Christian Carrère, Amélie Goursaud, Guillaume de St. Vulfran, Roland Perrin, Bianca Fayeton, François Daury.

http://www.lamarseillaise.fr/le-fait-du-jour/le-sud-r-solument-dans-le-mouvement-social.html

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Tag(s) : #Politique
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