Mis sous pression par l’objectif de 150 expulsés à Marseille, les Roms désertent les campements pour passer entre les mailles du filet. LAURENT SACCOMANO
Réactions. Après les déclarations du ministre de l’Intérieur, la résistance à l’entreprise de diversion se met en place à
Marseille. Les manifestations des 4 et 7 septembre s’organisent de pair.
Sale temps pour la République. Alors que les affaires se multiplient au sommet de l’Etat, l’offensive
sécuritaire de la droite cherche à créer la diversion, quitte à rompre le « cordon sanitaire » qui la séparait encore du clan Le Pen. A Marseille, 150 Roms dont la
moitié d’enfants, doivent être expulsés incessamment, c’est Brice Hortefeux, qui en a décidé ainsi, voilà deux jours.
Le ministre de la République, par ailleurs condamné pour injures raciales en première
instance, entend par là reprendre la main dans les médias en durcissant le ton face aux immigrés. Mais pas seulement. Cultivant l’amalgame, il pointe aussi du doigt les
gens du voyage, bien français, quant à eux. Le résultat ne s’est pas fait attendre : climat de peur chez les Roms et avalanche de déclarations populistes des membres du
gouvernement.
La Ligue des Droits de l’Homme 13 a vivement réagit dans un communiqué. « La LDH
s’insurge contre cette politique xénophobe et discriminatoire. Elle rappelle que le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a récemment notifié à la France sa
violation de sept articles de la Charte sociale européenne, qu’elle a pourtant ratifiée » écrit-elle.
« Prêts à tous pour garder la main sur le pouvoir »
La fédération du Parti communiste a elle aussi pris fermement position. Pierre Dharréville, secrétaire du
PCF 13 dénonce « un gouvernement qu’on avait quitté dans une posture très délicate sur les retraites, les institutions et l’affaire Bettencourt et qui tente de
faire pousser un arbre pour cacher la forêt . » Pour le dirigeant communiste c’est la marque « d’une droite étroitement liée à la finance, à la Bourse, aux grands
patrons dans une forme d’oligarchie prête à tout pour conserver la main sur le pouvoir au point de rappeler les heures les plus sombres de notre Histoire .
»
Au nom de son organisation, il appelle « les républicains et démocrates » à se
mobiliser pour repousser d’un seul mouvement « la manœuvre de diversion face au mouvement social et les attaques préoccupantes contre les fondements de la République
».
Henri Jibrayel, seul socialiste marseillais à s’être exprimé sur le sujet estime, quant
à lui, que « pour le gouvernement tout est propice à récupérer l’électorat frontiste, même les dérives xénophobes et sécuritaires . » Pour lui, « le comportement de nos
gouvernants est indigne de notre pays . »
Ripostes les 4 et 7 septembre
En réponse à Christian Estrosi, ministre de l’Industrie et maire de Nice, qui proposait de pénaliser les
maires sur critères de sécurité, c’est André Molino qui monte au créneau.
Le maire (PCF) de Septèmes-les-Vallons déplore que le niçois se soit « encore fait
remarquer non pour son aptitude à proposer un plan sérieux de relance de l’industrie de notre pays, mais en cédant à la précipitation courtisane et à la frénésie
sécuritaire . » Il estime que « dénoncer les maires pour leur manque d’efforts dans le domaine alors que la compétence de l’Etat est mise à mal par le parti pris libéral
de la baisse des effectifs à n’importe quel prix relève du grand écart . »
A Marseille et dans le département, se préparent des rassemblemePCFnts de défense de la
République le 4 septembre avant les manifestations du 7, pour la sauvegarde du système de retraites.
LEO PURGUETTE
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