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Retraite : Les mauvais comptes de la réforme Sarkozy-Fillon-Woerth


vendredi 20 août 2010 / "le Patriote"

 

Alors que le gouvernement vante une réforme qui devrait durablement résoudre le problème du déficit, une étude de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale vient de plomber l’ambiance. Selon cette étude, en 2018-2020, la CNAV, régime de base des salariés du privé, serait toujours en déficit de l’ordre de 3 à 4 milliards d’euros. Et ceci dans les hypothèses économiques pourtant très optimistes de réduction du chômage et de dynamisme de croissance de madame Lagarde. Sans ces hypothèses le déficit est plus important. De même, l’excédent prévu par cette étude pour les retraites complémentaires (Agirc-Arrco) implique que le « rendement » pour les pensionnés des points Agirc-Arrco continue de se réduire. La réforme ne résout pas le problème de financement, c’est bien la question de recettes nouvelles qui doit être abordée et notamment de cotisations des revenus financiers. Deuxième mauvaise nouvelle, l’étude « Emploi, chômage, population active » que vient de publier le Ministère du Travail, celui de monsieur Woerth. On voit qu’en 2009, la population active (qui comporte les personnes à la recherche d’un emploi ) s’est accrue de 200.000 personnes en 2009. Une des raisons est un taux d’activité des seniors en hausse. « Fin 2009, 59,1% des 50-64 ans sont présents sur le marché du travail, en emploi ou au chômage ». Pourcentage en hausse de près de 1%. L’étude y voit un effet des réformes successives des retraites de 1993, 2003 et 2008 qui retarde la possibilité de liquider une retraite à taux plein. Mais ces seniors comptabilisés dans la Population Active viennent pour une bonne part grossir les rangs des chômeurs de longue durée ou du RSA. Selon une autre étude de Pôle Emploi, le chômage des plus de 50 ans a fait un bond de 17,9% en un an. Du fait de la réforme Sarkozy-Fillon-Woerth, une part des « économies » réalisées par les reports de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ en retraite et de 65 à 67 ans pour liquider une retraite à taux plein se retrouverait en fait en dépenses d’Assurances Chômage et de RSA ou autres allocations précaires. Conclusion provisoire, au cœur de l’été les études, même officielles et qui s’accumulent, montrent de plus en plus les impasses d’une réforme nocive. C’est bien une autre réforme qu’il faut mettre en chantier pour le financement des retraites. Et c’est dans une autre politique de l’emploi et des salaires, principalement des 20-30 ans et des 50-60 ans que se trouvent les vrais défis, et non dans le recul de l’âge de la retraite.

Jean Paul Duparc

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Tag(s) : #Retraites
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