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La grève reconductible sous haute pression

Article paru dans La Marseillaise du mardi 5 octobre 2010

 

Dans les cantines le mouvement a été reconduit jusqu’au 12 octobre prochain. ARCHIVES LA MARSEILLAISE
Dans les cantines le mouvement a été reconduit jusqu’au 12 octobre prochain. ARCHIVES LA MARSEILLAISE

Retraites. Malgré de fortes pressions, le personnel des cantines reste très mobilisé. Il manifeste ce matin avec les enseignants sous les fenêtres du sénateur maire.


Depuis près de deux semaines, la moitié des cantines des écoles marseillaises est touché par un mouvement de grève reconductible (jusqu’au 12 octobre), à l’appel d’une intersyndicale des territoriaux de la ville, à laquelle n’a pas adhéré FO.
Malgré ses appels répétés, l’intersyndicale attend toujours une réaction du maire et vice-président du Sénat (UMP) Jean-Claude Gaudin et manifestera aujourd’hui à midi, sous les fenêtres de l’Hôtel de ville, jour de l’ouverture des débats au parlement, pour le retrait du projet de réforme des retraites.
Un mouvement d’une forte intensité, qui voit dans leur grande majorité des femmes aux revenus modestes, tenir tête à un projet de gouvernement d’allongement de la durée du temps de travail. Jusqu’à 7 ans de plus, pour ces salariés qui découvrent, horrifiés que l’espérance de vie en bonne santé des ouvriers est de 59 ans, 69 ans pour un cadre (source INED). Une réalité jusque là ignoré par le vice-président du Sénat qui n’hésite pas à faire pression sur ses même agents.
« Nous subissons des pressions de la direction de l’éducation », annonce Pascale Beaulieux du syndicat CGT des territoriaux. La syndicaliste va même jusqu’à parler de « violation du droit de grève ». D’après les textes (circulaire du ministère de la Fonction publique du 30 juillet 2003), les agents supportent une retenue sur leur rémunération proportionnelle à la durée de leur absence. Une règle qui ne s’applique pas à la ville de Marseille : où une heure de grève équivaut à une retenue de 3 heures, quand il ne s’agit pas de 24 heures. Pour tenter d’y voir plus clair, des agents ont occupé hier la direction de l’éducation.

Violation du droit de grève


Les syndicats ont donc appelé les personnels à la plus grande vigilance. « Tous les matins, les agents émargent en se déclarant grévistes et nous leur demandons de faire une photocopie de ce texte », détaille Pascale Beaulieux, dont l’organisation syndicale pourrait saisir le tribunal administratif sur le respect du droit de grève.
Depuis quelques jours, les syndicats sont submergés de coups de fil d’agents se déclarant inquiets pour le droit de grève. « Mais nous ne sommes pas isolés », assure Martine Charrier du SDU-FSU. Même « les parents pour qui la situation est problématique, comprennent le sens de notre mouvement. » Tandis que les territoriaux de Martigues, Port de Bouc, Istres et Rognac ont à leur tour enclenché des reconductibles
Après l’assemblée générale des enseignants grévistes qui se réuni ce matin à 9 heures à la Bourse du travail, d’autres corporations pourraient venir grossir le rang des manifestants. La FSU, ainsi que le Snuipp ont déjà annoncé leur participation pour interpeller le Jean-Claude Gaudin devant la Mairie.


CATHERINE WALGENWITZ

 

 Monsieur le (Vice) Président…
 Le choix du 5 octobre pour cette nouvelle étape de la mobilisation après la démonstration de force du 2, n’a rien de fortuit. Le choix du lieu de rassemblement, pas davantage.
C’est en effet ce mardi que s’ouvre au Sénat, le débat sur le projet de loi Woerth-Sarkozy dit de « réforme des retraites ». Qui plus est, comme chacun sait, Jean-Claude Gaudin, le sénateur-maire UMP de la cité Phocéenne, est vice président de la Haute Assemblée. Voilà qui désignait donc l’Hôtel de Ville comme point de rendez-vous des manifestants. Au premier rang desquels les employés municipaux qui ont décidé de poursuivre jusqu’au 12 octobre la grève reconductible engagée sur la lancée de la puissante journée du 23 septembre.
Dans son communiqué confirmant la nouvelle journée de grèves et de manifestations du 12 octobre, l’intersyndicale nationale réunie hier, appelle d’ici là, « à élargir et à amplifier la mobilisation unitaire par des initiatives dans les territoires et à interpeller les sénateurs ». Ceux qui se retrouveront en fin de matinée devant la Mairie ont donc décidé de répondre à cet appel, avant même qu’il soit lancé. Déjà, lors du meeting qui a clôturé la manif marseillaise du 2 octobre, Jean-François Longo, secrétaire général de la FSU 13 s’est adressé aux sénateurs des Bouches-du-Rhône en leur demandant de « ne pas voter cette loi ». Un appel qui coulait de source pour la communiste Isabelle Pasquet et pour les quatre élus socialistes au Palais du Luxembourg dont Jean-Noël Guerini. Raison de plus pour se rappeler au bon souvenir des 3 sénateurs UMP.
CHRISTIAN CARRERE

 

 

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Tag(s) : #Retraites
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