Pour la gauche, il faut poursuivre dans la rue et au Sénat
La surdité feinte du pouvoir a conforté l’ensemble des partis de gauche dans son analyse d’une droite claquemurée dans son mépris et dans sa volonté de faire passer un texte de toutes parts rejeté. Jeudi, dans la manifestation parisienne, l’image n’a échappé à personne : Martine Aubry (PS), Cécile Duflot (Verts), Pierre Laurent (PCF) et Jean-Luc Mélenchon (PG) se sont affichés côte à côte, pour montrer « l’unité de la gauche » en dépit des divergences sur certains sujets de fond. « Toute la gauche est là derrière les Français », s’est félicitée Martine Aubry, assurant que l’opposition allait se battre « jour après jour » contre « une réforme symbolique, concentré de l’injustice et de l’inefficacité de la politique du président » Nicolas Sarkozy. « Le gouvernement se sent acculé sur une réforme injuste et inutile, il ne tiendra pas très longtemps », a renchéri Cécile Duflot. Pierre Laurent a promis que le mouvement durerait « jusqu’à l’abandon du projet ». Jean-Luc Mélenchon a démenti pour sa part toute baisse du nombre de manifestants, accusant Sarkozy de « prendre ses rêves pour des réalités ». Quant à Olivier Besancenot, qui se tenait à l’écart, il a assuré ne pas « courir après les photos au côté de Martine Aubry » mais a revendiqué « l’unité dans les luttes ».
L’ensemble des forces de gauche ont ainsi appelé à faire vivre de manière concomitante le rapport de forces dans la rue et la bataille parlementaire qui débutera prochainement au Sénat, une chambre où l’UMP n’est pas en majorité et où beaucoup dépendra de l’attitude des centristes. Il s’agira pour la gauche de parvenir à faire retirer le texte de l’ordre du jour tout en entamant, cette fois, une véritable négociation avec les partenaires sociaux « sur d’autres bases que celle du recul de l’âge légal », comme l’affirme Pierre Laurent pour le PCF.
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