Restos du cœur, « Je l’ai servie, elle a pleuré »
Les Restos voient affluer de nouvelles catégories de populations qui acceptent mal de solliciter une aide. Paroles de bénévoles.
Ils sont le cœur du système. Disponibles, parfois tous les jours, depuis trois, cinq ou dix ans, dans la maison de Coluche. Mais peu diserts. Pour Daniel, Ginette et Martine, les mots ne
viennent pas aussi facilement que les actes. Bénévoles au centre d’Alleray des Restos du cœur, ils disent avoir vu de nouveaux profils taper à la porte.
« Beaucoup de jeunes désormais, des gens de la classe moyenne qui travaillent et avaient auparavant les moyens de régler leur loyer et de se nourrir. À présent, ils doivent faire un choix », témoigne Daniel, dont le nom a été rapidement inscrit sur un badge pour faciliter le contact. « L’an dernier, une retraitée s’est effondrée en larmes lorsque je l’ai servie », raconte Martine, comme pour mieux dire la difficulté de solliciter une aide que certains ne pensaient jamais devoir demander. « Elle avait honte, se sentait mal. Alors, on essaie de leur sourire, de leur parler, de les détendre. Et, parfois, on leur propose de prendre un café dehors. »
Souvent, orientés par les assistants sociaux de la mairie, ces nouveaux bénéficiaires de l’aide alimentaire sont perdus dans des centres de distribution qui peuvent sembler immenses. D’autant que la distribution de colis ne facilite pas toujours l’échange. Il faut faire vite et la demande est importante (+ 20 % d’inscriptions pour ce seul centre). « C’est pour cela qu’on essaie de les accompagner d’un bout à l’autre de la chaîne, de créer des rapports humains qui ne se résument pas à cet échange de colis. »
L.S.
http://www.humanite.fr/2009-12-01_Societe_Restos-du-coeur-Je-l-ai-servie-elle-a-pleure
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