Où enlever des postes à la rentrée?
La rentrée scolaire 2011 se prépare dès maintenant. Dans un contexte général de réduction budgétaire – 16 000 postes supprimés –
le grand marchandage qui se déroule chaque hiver entre syndicats et rectorat, pour savoir où sauver et où sacrifier des postes, risque de mal se passer.
Le Var devra en effet supprimer en septembre 62 emplois dans les écoles maternelles et primaires et l’équivalent de 104 postes à
temps plein dans le second degré (collèges et lycées).
« Pas de baisse d’effectifs »
La question est maintenant de savoir où ces postes vont disparaître. Concernant le premier degré, la liste noire des classes
supprimées et la rose de celles créées ne seront connues que le 28 mars. Soit juste après les élections cantonales.
Ce qui fait dire au Snuipp (principal syndicat du 1er degré) que « le gouvernement n’assume pas sa politique de casse du service
public d’éducation ». Le comité technique paritaire départemental, où se décide la carte scolaire, devait, en effet, se réunir à l’origine début février. ll aurait été jugé plus prudent de
distiller les mauvaises nouvelles après la désignation des conseillers généraux. Question de climat social sans doute.
D’autant que la rentrée 2011 sera particulièrement difficile, prédit Emmanuel Trigo, secrétaire général du SNUipp, car on ne peut
même pas compter sur une baisse d’effectifs. « Le rectorat table sur 73 élèves de moins, soit une quasi-stabilité. On est dans le domaine des prévisions, ne l’oublions pas. Sur 550 écoles, on
peut facilement se tromper », prévient le responsable syndical.
Sur les 62 emplois à rayer, 14 correspondent aux heures d’intervenants en langue vivante. « Il n’en restera que trois pour tout le
Var », indique au passage Emmanuel Trigo. Quant aux 48 postes d’enseignant destinés à passer à la trappe, le SNUipp subodore qu’ils soient ponctionnés là où ils sont les moins visibles, pour ne
pas susciter trop de colère. Par exemple dans les classes d’adaptation où les enfants sont peu nombreux.
Rassemblement aujourd’hui
Concernant le second degré, les enseignants seront fixés, eux, aujourd’hui puisque se réunira ce jour-là le comité technique
paritaire départemental (CTPD) attribuant les heures d’enseignement pour les établissements. Mais la FSU (fédération syndicale unitaire) n’en attend rien de bon.
Malgré des effectifs quasiment stables là aussi pour la prochaine rentrée, le second degré devra rendre 104 postes (équivalent
temps plein). Le nombre d’heures de cours va fondre ici ou là : le lycée du Coudon (La Garde) perdra 122 heures, Beaussier (La Seyne) 127 heures, Raynouard (Brignoles) 107 heures, Jean-Moulin
(Draguignan), 100 heures… En collège, 257 heures ont été enlevées et 382 heures supplémentaires ajoutées. « Au nom du travailler plus, on ferme des postes » commente Maryvonne Guigonnet,
secrétaire générale de la FSU.
Autant dire qu’au vu de ces éléments, le CTPD risque d’être agité aujourd’hui. La FSU en donnera le compte rendu immédiatement, en
organisant un rassemblement devant l’inspection académique. Les oreilles du recteur risquent de siffler.
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Savoir +
Rassemblement aujourd’hui à 12 h 30, devant l’inspection académique, à Toulon, à l’appel de la FSU, l’UNSA, le Sgen CFDT, la CGT
éducation, le SNCL, le Snalc, et la FCPE (parents d’élèves).
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