Sébastien Jumel : "exigeons une politique nationale de l’éducation dans une logique de Service Public"
La rentrée scolaire 2011
Communiqué de Sébastien Jumel
Vice- Président du Département, Maire de Dieppe, Vice-Président du CDEN
Lors du Comité Technique Paritaire Ministériel du 21 décembre dernier, l’information selon laquelle l’Académie de Rouen devrait supprimer 377 postes dès la rentrée de septembre prochain (156 dans le primaire, 196 dans le secondaire et 25 emplois administratifs) est un nouveau coup bas porté à la jeunesse, aux familles et à l’avenir de notre Région.
Les conséquences s’annoncent désastreuses, alimentant encore les inégalités sociales et territoriales : fermetures de classes, effectifs surchargés, non remplacement de professeurs absents, interruptions d’enseignements spécifiques, bivalence des enseignements, réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficultés supprimés, non accueil des plus petits en écoles maternelles, etc...
Malgré l’augmentation du nombre des élèves, l’aggravation des inégalités et de l’échec scolaire, il y a eu 16.000 suppressions de postes en France l’an passé, 17.000 sont prévues en 2011. En cinq ans, cela portera à 65.000 le nombre d’emplois de l’Education Nationale en moins. Et ce seront autant d’étudiants qui se destinaient à l’enseignement qui constitueront une réserve de contractuels et de vacataires soumis à la précarité, car c’est aussi le projet de dégradation du statut et des conditions de travail du Ministre Chatel.
Au côté des enseignants et des personnels de l’Education Nationale, des parents d’élèves, des lycéens, des apprentis et des étudiants, des associatifs et de l’écrasante majorité des syndicats indignés par ces choix, je m’opposerai à ces orientations avec la plus grande fermeté. Pour chaque poste en danger, chaque classe et chaque école, je me battrai, dans l’union, pied à pied.
Qu’on ne s’y trompe pas, le but n’est pas de construire une école émancipatrice. Il s’agit non seulement de détruire le Service Public pour livrer un marché extraordinairement juteux au monde de la finance, mais aussi de tourner le dos au sens de l’histoire, de détourner les fondements idéologiques de l’école pour répondre aux objectifs de la mondialisation capitaliste : former efficacement et à moindre coût une main d’oeuvre docile, adaptée aux besoins du marché du travail.
Voilà la cohérence des objectifs de la droite, toujours au service du patronat.
Face à cette mise en place d’un système d’éducation centré sur la libéralisation des marchés et la déréglementation du travail, je vous appelle à la résistance. Je serai présent dans les initiatives le samedi 22 janvier 2011, à l’appel d'un collectif de 25 organisations de l’éducation.
Il faut exiger une politique nationale de l’éducation dans une logique de Service Public. L’école est un enjeu de société, elle doit permettre à toutes et à tous l’accès aux savoirs fondamentaux, viser à l’émancipation et à l’épanouissement des individus contre toutes formes d’aliénation. Elle a besoin de moyens, de formation, de qualifications reconnues et de statut revalorisé pour ses personnels. Contrairement aux mesures régressives du gouvernement, je pense qu’au XXIe siècle il est possible de franchir une nouvelle étape de démocratisation scolaire.
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