Les maires des douze communes ont tenu à annoncer les résultats en public sur le cours Beaumond. Photo SM
C’est dans la liesse générale que les résultats relatifs à la consultation locale ont
été dévoilés. Le « Non », sans grande surprise, l’emporte à 96%. Forts de l’expression de leurs concitoyens, les élus des 12 communes de l’Agglo ne comptent pas s’arrêter
là.
« Le jour où
le Pays d’Aubagne et de l’Etoile se sont fait entendre ! » : tel était déjà, en début d’après-midi, le tonitruant message, annonciateur de résultats dévoilés quelques
heures plus tard, que l’on pouvait lire sur une large banderole déployée en plein cours Beaumond. Lieu où se rassembleraient, le soir venu, les 12 maires du territoire
et le président de la communauté d’agglomération pour célébrer la victoire. Celle du « Non », qui atteint quelque 96% des suffrages. Un résultat accueilli par les
applaudissements et des bravos d’une foule arborant, presque uniformément, de tee-shirts faisant la part belle à ce 13 juin. Ainsi, « c’est un moment historique, et le
résultat est sans appel ! Ces mois derniers, se sont manifestées plus de solidarité, plus de citoyenneté, plus de force et d’autorité. Nous allons pouvoir travailler
dans les prochains jours pour dire : ne touchez pas à nos communes ! », se réjouit Alain Belviso (PCF), président de l’Agglo. « Nos concitoyens ont montré l’attachement
qu’ils ont à leur territoire, non pas comme des gaulois républicains, mais comme des républicains modernes », martèle, de son côté, le maire d’Aubagne, Daniel Fontaine
(PCF).
Une première en France
Ainsi, ce référendum local, le premier organisé en France à l’échelle d’un territoire de 100 000 habitants, se conclut sur un sentiment de joie,
d’espoir, et, s’avère, surtout, marqué du sceau de la réussite. D’autant que c’était, le rappelle Daniel Fontaine, « une consultation dont les enjeux étaient connus
d’avance, et qui n’a pas force de loi ! ». Or, précise-t-il, le taux de participation, de près de 44%, s’avère bien supérieur « à celui de certaines élections récentes
qui ont elles, force de loi, telles que la législative de l’Isère, ou encore la cantonale de Villeurbanne » !
Rencontre prévue avec le préfet
Joie, espoir, mais pas seulement. « Demain est un lendemain de combat », lance encore Daniel Fontaine ! Des paroles lourdes de sens. Car le 13 juin
n’est pas une fin en soi... En début de semaine, les élus du territoire se rendront tout d’abord à Marseille pour taper à la porte de Michel Sappin, préfet de région,
munis des résultats du scrutin. Ce pour lui montrer, noir sur blanc, le refus « franc et massif » de la population du Pays d’Aubagne et de l’Etoile à être intégrée dans
la communauté urbaine marseillaise. « Nous allons lui dire : lorsque la loi vous demandera de transformer la CUM en métropole, essayez de ne pas être sourd », poursuit
encore le maire.
C’est Patrick Pin (DVG) dont la commune de Belcodène a voté massivement (75%) qui appelle le premier à « continuer la bataille » tandis que son
collègue varois de Saint-Zacharie Pierre Coulomb (DVG) voit dans ce résultat « la preuve que nous ne voulons pas être intégrés à la CUM ». Quant à Pierre Mingaud (PCF)
dont la commune de La Penne sur Huveaune est mitoyenne de Marseille, il affirme que « les citoyens ont démontré leur soutien aux politiques mises en place sur notre
territoire ». Une politique intercommunale également mise en avant par André Lenel, maire (DVG) de Saint Savournin. Le maire de Cuges les Pins, Gilles Aicardi (PCF)
n’était pas en reste pour appeler à poursuivre la mobilisation après le passage in extremis de la réforme des collectivités territoriales à l’Assemblée nationale. «
Notre résultat doit se mettre au service des autres maires. Il faut enfoncer le clou. » « Nous sommes confortés pour continuer notre lutte » ajoute André Jullien (DVG)
de La Bouilladisse, tout comme Albert Sale (DVG), le maire de Peypin. Michel Lan (DVG), maire de La Destrousse souligne lui « notre envie de travailler avec Marseille
tout en restant nous-mêmes ». Le mot de la fin des maires de l’Agglo revenant à Yves Mesnard (DVG) de Roquevaire qui a lui souligné la « volonté des maires de s’engager
dans cette démarche citoyenne forte ».
Et maintenant…
Mais ce n’est pas tout. Car l’idée maintenant, c’est de répandre, telle une traînée de poudre, l’initiative d’une telle consultation sur l’ensemble
des Bouches-du-Rhône. Pour commencer. « Nous allons œuvrer à un rassemblement plus large, et le transformer en point d’appui », appuie, de son côté, Alain Belviso. Cela
n’a rien d’un doux rêve. Revenu, il y a peu, de l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône, Daniel Fontaine rapporte l’intention de nombre d’entre eux d’organiser, eux
aussi sur le même thème, un référendum local. « Je viens d’avoir, au téléphone, un des maires qui comptent dans ce département, qui n’est pas de notre obédience
politique, et qui va faire porter ce message loin », annonce-t-il encore, enthousiaste.
L’échelle de l’Agglo, du département… Voire davantage. Car à terme, ce sont bel et bien 4 millions de signatures que les maires souhaitent recueillir
afin qu’une consultation soit organisée à l’échelle nationale. Quatre millions de personnes qui souhaitent garder des intercommunalités à taille humaine, et dont la voix
sera alors portée en haut lieu. « Nous avons pris l’habitude de prendre le TGV. Nous demanderons à la SNCF de nous faire un tarif réduit », conclut avec l’humour des
grands soirs, le maire d’Aubagne dans la liesse générale, et sous les applaudissements.
Reportage
Carole Signes
et Sébastien Madau (Photos C.S. et S.M.)
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