PSA Aulnay : les salariés bloquent à nouveau la chaîne de production
Rédaction Web
28 Janvier, 2013
Les salariés de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois ne se démobilisent pas et continuent de mettre la pression sur la direction. À l'arrêt depuis dix
jours, la chaîne de production qui devait ouvrir ce lundi matin a été immédiatement bloquée malgré la présence de 200 cadres appelés en renfort. Les salariés ont voté la grève et "décidé
de réoccuper l'usine".
Au moment de la reprise du travail, les 400 grévistes -en habits de ville- se sont rassemblés dans l'atelier montage derrière une banderole clamant
"Non à la fermeture de PSA Aulnay [1]!". Un cordon de sécurité les séparait
d'une vingtaine de cadres extérieurs déployés en "observateurs" par la direction. Ils ont ensuite voté d'un seul homme la grève. Sur les lignes, par petites grappes, des
salariés, majoritairement intérimaires, attendaient que la ligne fabriquant la Citroën C3 se mette en marche, en vain. "Il y énormément d'absentéisme. Dans le seul atelier du montage, il
y a entre 110 et 130 absents contre 50 un jour habituel, ce qui explique pourquoi on a du mal à tourner", a fait valoir une porte-parole de la direction. "Il y a des salariés qui n'ont
pas eu envie de venir. Ils ont choisi cette solution pour ne pas casser la grève", a pour sa part jugé Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, qui avait appelé à la grève le 16
janvier, dénonçant "les pressions de la direction" qui a renforcé la présence de vigiles à l'entrée de l'usine et appelé "plus de 200 cadres" d'autres sites en renfort. La direction avait
promis, dans une lettre envoyée au salarié, de les "protéger" quand ils reprendraient le travail ce lundi matin. Auparavant, elle avait dénoncé des "dégradations" de la part
des grévistes [2] et des "intimidations" sur des non grévistes.
>>> Voir la vidéo : "Nous sommes en
grève totale à l'usine de PSA Aulnay" [3]
Les cadres arrivés en renfort devaient "faire respecter le droit de grève et faire en sorte que la liberté du travail soit respectée" afin de "rassurer" les
salariés et que "chacun puisse se comporter librement", a résumé le directeur du site, Laurent Vergely. "On veut nous faire passer pour des casseurs, des terroristes, vous trouvez
ça normal ?", s'est indigné l'un des grévistes.
Alors que ces équipes d'encadrement supplémentaires gagnaient leur atelier vers 6 heures, ils se sont fait siffler, huer et interpeller par des grévistes qui
distribuaient des tracts aux portillons d'entrée dans l'usine, gardés par de nombreux vigiles. "Vous êtes en train de casser la grève, vous n'avez pas honte de ce que vous
faites!", leur a crié un gréviste. "Mercenaires!". Les grévistes ont fait le tour de l'atelier pour convaincre les non grévistes de rejoindre le mouvement, tandis que des
clameurs et des battements de tambours résonnaient. "C'est nous qui fabriquons la voiture la plus vendue dans le groupe (la C3, ndlr) et après tu nous dis elle coule ta boîte, eh
bien qu'elle coule !", a argumenté un gréviste auprès d'un cadre venu en renfort de Poissy (Yvelines). "Viens camarade, tu es l'un des seuls embauchés à ne pas faire grève. Fais
comme nous, on va au vestiaire enlever ton bleu de travail", a dit une gréviste à un salarié, qui croisait les bras, secouant la tête en signe de refus.
La grève avait déjà paralysé l'usine du 16 au 18 janvier. Elle a ensuite été fermée toute la semaine dernière, sur décision de la direction en raison d'une
avarie électrique, mais surtout parce que les "conditions de sécurité" n'étaient "pas remplies".
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