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100000 manifestants dans la zone de diffusion de La Marseillaise

Les manifestants ont battu le pavé par dizaines de milliers dans le Var, l’Hérault, le Vaucluse, les Alpes, le Gard et les Bouches-du-Rhône pour s’opposer aux réformes gouvernementales. Un tour de chauffe avant le débat sur les retraites.

Digne-les-Bains : beau printemps social

Les syndicats avaient décidé « de battre le fer tant qu’il est chaud » en appelant à une journée d’action nationale dont le mot d’ordre portait sur le triptyque « emploi, salaires, retraites ». A l’instar des grandes villes de la région, ils étaient plus de 1500 manifestants hier dans les rues de la préfecture de Digne à l’appel des organisations syndicales, exceptées la CFTC et la CGC, coutumières du fait dans le 04. Mais, en revanche, avec FO qui depuis plusieurs mois appelait de tous ses vœux à une grève interprofessionnelle.
Dans le cortège, on dénombrait également nombre de collectifs citoyens
mobilisés pour la défense de services publics qui partent en capilotade : ainsi des hôpitaux de Digne et Manosque,
les postiers ou encore des parents d’élèves pour le maintien de classes ou d’écoles de village ou de quartiers
menacés de fermeture à la rentrée prochaine. Avec plus ou moins de lisibilité, histoire de ne pas voler la vedette aux syndicats, des partis politiques de gauche et des personnalités locales et/ou départementales étaient également dans les rangs : comme le
Front de gauche, le PCF, les Verts ou encore le NPA ; le PS étant représenté par quelques élus ou sympathisants sans pour autant arborer de banderoles. Force est de constater que les Bas-Alpins en général, sympathisants de gauche en particulier, auront par leur participation massive, dûment répondu à ce qu’il est convenu de qualifier le « troisième tour social ».   
roland perrin

Marseille : essai des urnes transformé


50 000 personnes dans les rues de Marseille rassemblées autour de thèmes aussi brûlants que l’emploi, les salaires et les retraites, voilà de quoi conforter cette certitude que la résistance à la politique de Sarkozy, si elle s’est exprimée dans les urnes les deux week-ends derniers, se traduit aussi haut et fort dans la rue.
Du secteur public ou privé, peu d’entreprises ou de services de la région auront manqué ce rendez-vous. Avec en tête de cortège, les salariés de Fralib, au quinzième jour de grève, en guise de symbole. Le Port, la réparation navale, dont les travailleurs occupent les locaux du site depuis plus d’un an, les marins, très présents aussi, comme les cheminots, notamment ceux attachés à la défense du maintien et du développement du fret ferroviaire. Dans le cadre d’un grand service public. Une preuve de plus, s’il en fallait encore une, de la capacité des organisations syndicales -la CGT, la CFDT, FSU, Solidaires et Unsa- à réfléchir, certes en termes de sauvegarde de l’emploi, mais aussi d’élaboration d’une véritable stratégie industrielle, capable de dessiner un avenir meilleur à une Région en grande souffrance.
Un souci qui fait défaut aux autorités, interpellées hier matin par des salariés inquiets, avec l’ensemble des retraités, d’une réforme que le gouvernement veut faire passer coûte que coûte. Au coude à coude, avec les employés de la Poste, les territoriaux, celles et ceux des grandes surfaces pour qui salaires riment avec misère et qui ont bien du mal à digérer le coup de force du travail du dimanche. Ou encore ceux de France Télécom dont l’inhumanité des conditions de travail ne cesse de défrayer la chronique.
En queue de ce très long cortège, les enseignants ont une fois de plus montré leur grande capacité de mobilisation. Et leur souci, en luttant contre les tentatives répétées de consacrer un enseignement à deux vitesses, de construire, avec tous les autres salariés, une société d’intelligence, bien à l’abri des eaux glacées des calculs égoïstes.   
Gérard Lanux

Toulon : dix mille pour ce troisième tour


Le troisième tour des élections a démarré dans le département du Var. Quelque 10 000 personnes, selon les syndicats, ont défilé hier à Toulon à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT-FSU-Unsa, et plus de 1000 à Draguignan. « Pour une première mobilisation, c’est une très belle participation », commentera un responsable de la CGT varoise en observant le large rassemblement interprofessionnel. Dans les rangs, on compte les secteurs mobilisés : transports en commun, petite enfance, territoriaux, hôpitaux, retraités, La Poste, France Télécom, Impôts, pompiers, université… On en oublie forcément.
Dans la Défense, l’heure est aussi à la mobilisation. Les salariés de l’Arsenal sont en pleine négociation salariale, tandis que tous les services civils de la Base navale prennent de plein fouet les restructurations du plan Morin, synonymes de suppressions de postes, d’externalisation des activités et de mobilité des fonctionnaires. Mais c’est l’Education nationale qui occupait une bonne place au sein du cortège : dans le premier degré, le Snuipp 83 comptabilise 2 instituteurs sur 3 en grève, avec un taux de 80% de grévistes à La Seyne, deuxième ville du département. Et ce, à la veille d’un comité technique paritaire où doit être annoncé la possible fermeture d’une cinquantaine de classes dans les écoles. Un pique-nique revendicatif est d’ailleurs prévu aujourd’hui devant l’Inspection académique, à Toulon. Le second degré n’est pas mieux loti : « Au lycée professionnel de Six-Fours, nous manquons cruellement de surveillants et les classes sont surchargées », dénonce une enseignante, militante CGT. Après avoir fait le tour de la ville en passant par le port, la manifestation a pris fin sur la place de la Liberté.
G. DE SAINT VULFRAN

Nîmes : une belle réussite


Hier à Nîmes, ils étaient certainement plus de 4 500 à battre le pavé pour manifester leur mécontentement contre l’actuelle gouvernance de la France. Après plusieurs mouvements en demi-teinte cet hiver, cette première grande manifestation nîmoise a été une franche réussite.
Le soleil et la tiédeur d’un Printemps retrouvé, les Nîmois s’étaient réunis pour manifester en priorité contre la réforme des retraites, la crise agricole et viticole, les défaillance de l’Education nationale, les transports, le coût de la vie… Autant dire qu’il y avait de quoi parler si l’on désirait faire siffler les oreilles de notre cher président !
Tous les secteurs d’activités étaient représentés. Public comme privé étaient réunis sous la même bannière pour défendre des acquis afin que nos enfants puissent en jouir plus tard. Nous avons enfin vu une véritable union autour de divers sujets sensibles, ce qui faisait défaut chez les riverains de la Préfecture gardoise depuis quelques mois. Les responsables syndicaux de la CGT évoquaient le sommet social du 15 février dernier tenu à l’Elysée « les salariés refusent de payer les frais d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Les mesures prises par le gouvernement n’ont apporté aucune réponse aux urgences sociales. Tout au contraire, des mesures ont aggravé la situation ! ».
C’est donc une franche réussite que cette première grosse manifestation de l’année à Nîmes. Affaire à suivre…
Anthony Maurin

Montpellier : le privé en force


La CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa et FO, seule organisation à appeler à la grève générale illimitée et qui faisait bande à part, tablaient sur 10 000 manifestants. Plus de 15 000, débarqués de tout le département, ont défilé hier après-midi des berges du Lez à la Comédie en passant par le Peyrou.
Un parcours taillé sur mesure à la hauteur des attentes. Celles des fonctionnaires bien sûr, rôdés aux combats sociaux, en grève au Trésor (à 32%), aux douanes (54%), au CHU, à la Cram ou au Conseil général... Mais aussi des salariés du privé, mobilisés en masse. De la grande distribution (Carrefour, Auchan, System U) aux télécoms en passant par les secteurs de l’énergie ou de l’automobile (Peugeot, Ford), les luttes de fourmis parfois menées dans l’ombre, ont éclairé le cortège rejoint aussi par des élus de gauche (PCF, NPA, Verts, socialistes). Parmi les grands groupes, on note les salariés d’IBM. Ou ceux de Sanofi Aventis remontés contre les 200 suppressions d’emploi.
Côté public, si les postiers étaient peu représentés, près d’un cheminot sur deux (46%) a débrayé. Le monde de l’éducation est resté lui aussi fidèle « aux postes ». 1er ou 2nd degré, les taux de grévistes (46% en lycées, 40% en collèges, 55% dans les écoles) attestent des préoccupations. A Montpellier, la grève a impacté 10 800 des 18 000 élèves, estime l’adjoint J-L. Gély. Ce qui n’a pas empêché les quatre pôles du service minimum d’accueil de n’accueillir que 78 enfants. La preuve pour lui que « la demande sociale est très faible ». Et que « le SMA est une mesure purement idéologique pour casser les grèves », appuie J. Vezinhet (Snuipp).
Dès le matin, deux autres rassemblements se sont tenus à Béziers et Sète où près de 250 personnes ont défilé depuis la place de la mairie sous la sono « Motivés, motivés, il faut rester motivés ». Un refrain de circonstance, vu le ras-le-bol des cheminots, enseignants, employés municipaux, hospitaliers, conducteurs de bus, caissières, mais aussi conchyliculteurs ou pêcheurs présents. Dans la cité de Paul Riquet, 1 500 enseignants, retraités mais aussi salariés de la Cameron… ont répondu à l’appel fixé à 10 heures devant la bourse du travail. Venus en nombre, les cheminots ont ouvert le cortège avec des feux de Bengale.
Remy Cougnenc

Avignon : six mille à refuser les réformes


Mobilisation réussie pour les organisations syndicales hier, puisque ce ne sont pas moins de 6000 personnes des entreprises publiques et privées du département qui étaient au rendez vous au rond point de la gare d’Avignon.
Si les policiers du syndicat SGP FO se faisaient remarquer (plus d’une centaine), les entreprises industrielles marquaient, elles aussi leur présence. Une délégation des salariés des papeteries de Malaucène, rappelait sur une banderole, que la lutte reste à mener, depuis que le « plan de sauvegarde de l’emploi » de leur actionnaire principal Schweitzer Mauduit a été dénoncé comme étant destiné à accroître les dividendes. Devenus des symboles de la résistance des salariés à la désindustrialisation du Vaucluse, ils n’étaient pas hier les seuls représentants de l’industrie. Ceux de la SNPE, aujourd’hui au sein du groupe Eurenco, qui défendent pied à pied leurs emplois face aux projets de fermeture et de concentration de leur groupe, comme ceux de St Gobain qui apprenaient hier qu'ils ont été mis en danger du fait de la présence d’amiante sur le site, étaient aussi présents.
Côté public, une forte délégation de l’hôpital de Montfavet donnait de la voix contre une réforme hospitalière qui dénature leur mission, les professeurs, étaient quant à eux souvent accompagnés de lycéens, dont le syndicat UNL prenait une place à part entière dans le défilé. Les salariés des associations du secteur santé social marquaient aussi leur présence, au moment ou est mise en cause leur convention collective, en même temps que les moyens de remplir leurs missions.
Chacun avait un mot à dire hier contre une ou plusieurs réformes du gouvernement, réformes qui les touchent dans l’exercice de leur profession.
christophe coffinier


Article paru dans La Marseillaise du mercredi 24 mars 2010
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Tag(s) : #Société
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