PCF : Les communistes varois ont tenu une assemblée générale à Carnoules
« Faire front sur tous les fronts »
Article paru dans La Marseillaise du mardi 20 avril 2010
Les communistes varois se sont réunis pour analyser les résultats des élections régionales et pour réfléchir à l’avenir du PCF dans la perspective du « Congrès d’étape » programmé du 17 au 19 juin.
Dans son introduction, William Mathevet, membre du bureau départemental
a précisé que « la démarche d’échanges directs entre les communistes se situe dans la continuité : non seulement tenir informé les communistes des décisions prises mais plus encore leur demander leurs avis comme ce fut le cas à l’assemblée générale à La Seyne pour la constitution des listes ».
Les analyses sur le déroulement de la campagne ont montré que les discussions pour la constitution de la liste a retardé l’entrée en campagne, la tête de liste était peu connue et dans certains lieux seuls les militants du PCF ont animé la campagne. Plusieurs élus du département ont mené la campagne dès le premier tour pour Vauzelle ce qui a affaibli les résultats du Front de Gauche. Le score du Front de Gauche 14168 voix (4,5 %) il est en deçà de ce qu’ils espéraient, malgré le gain de 415 voix par rapport aux européennes. Le secrétaire fédéral Alain Bolla a été élu conseiller régional.
William Mathevet a notamment pointé cinq constatations : « l’abstention est élevée, le fossé se creuse entre les citoyens et la politique. Le vote sanction a été fort contre la politique de la droite. Le Modem s’effondre ce qui met un terme (au moins provisoirement) aux tentatives de recompositions politiques puisqu’il fait réapparaître le clivage Droite-Gauche classique. Le Front National retrouve des scores élevés qu’il avait déjà réalisé dans le passé. Le débat sur l’identité nationale et le thème de la sécurité ont pesé lourd. En ce qui nous concerne, nous avons renoué des liens avec le mouvement social, avec les syndicalistes qui ont soutenu notre campagne ou qui se sont investis dans les listes. Quelle suite à donner à l’engagement de ces militantes et militants à nos côtés pendant ces régionales ? ».
A l’offensive sur les retraites
William a poursuivi en présentant les propositions sur les retraites : « Nous voulons une retraite par répartition de qualité, en lien avec la création de nouveaux emplois attractifs, qui répondraient aux besoins d’une société de bien être. C'est le développement des capacités d’une autre politique de l'emploi, de la recherche, de la créativité, de l’écologie et de la formation qui est décisif, pour le financement des retraites. Cela exige une contribution accrue et modulée des entreprises, une taxation de tous les revenus financiers - notamment ceux des banques et des entreprises.
Et d’appeler à mener « un travail d'information, de débat » : « Ouvrons le dossier des retraites avec les citoyens, les salariés, la jeunesse. Soyons des rassembleurs au combat de toute la société pour la retraite à 60 ans et 55 ans pour les travaux pénibles ».
Faire vivre le PCF
Concernant l’avenir du PCF, le responsable politique invite à « réfléchir avec lucidité au devenir du Front de Gauche, c’est essentiel. Nous n’avons pas la même conception du Parti de Gauche sur le Front de Gauche. Nous ne souhaitons pas que le FG reste figé sous la forme actuelle d’un rassemblement de trois organisations et encore moins qu’il se constitue en parti politique unique. Nous souhaitons faire « front sur tous les fronts » c’est à dire rassembler des forces qui partagent nos objectifs sur des batailles politiques concrètes par exemple contre la réforme des retraites,contre la réforme des collectivités territoriales, etc. Notre parti (c’est une des leçons que nous avons tiré de l’expérience de la Gauche plurielle) doit conserver toute son autonomie » considère-t-il.
Place ensuite au débat riche et varié. « Aujourd’hui c’est Mélenchon qui utilise le PCF comme l’a fait auparavant Bové. Je suis révolutionnaire, révolté contre les méfaits et les injustices du capitalisme. Le PCF est encore plus nécessaire aujourd’hui » déclare Philippe.
Pour Dany, « en Corse, les communistes ont gardé leurs valeurs et cela a permis à l’un d’entre eux, Dominique Bucchini de devenir le président de l’assemblée régionale. Nous sommes communistes avant tout. Nous devons continuer à diffuser nos propositions et à développer des fronts de luttes.
Jean-Pierre trouve le débat « très tonique. Les communistes doivent reprendre la main. Etre en rupture avec le système capitaliste que l’on veut nous imposer ». Christine, quant à elle s’interroge sur la jeunesse. « C’est leur avenir qui se construit et pourtant 75% se sont abstenus. Nous avons laissé le terrain des organisations de jeunesse. Il est nécessaire de recréer des liens mais la tâche s’annonce difficile ».
Comment être utile ?
Pierre propose de donner du sens à la politique : « Quels liens entre les retraites, les fermetures de services
hospitaliers, les difficultés de l’horticulture,… avec les luttes de classes et la répartition des richesses¨ ?
Laurent pense « qu’il est indispensable de reconstruire l’organisation communiste au plus prés des gens dans les entreprises et les quartiers de nos villes et villages. Adressons-nous à ces 23 millions de citoyens qui refusent les méfaits des politiques du capitalisme, mais ne nous identifient pas comme parti communiste utile pour apporter des réponses politiques auxquelles ils sont confrontés ».
Alain trouve que : « la désindustrialisation et les mouvements migratoires de la population ont
profondément modifié la population varoise depuis 1975. La campagne des régionales a crée une dynamique de débats politique. Les propositions il faut les faire vivre par la population
et les faire porter par nos élus au Conseil Régional. Les fronts de lutte doivent s’élargir aux mouvements associatifs et syndicats sur les questions de la retraite, de l’emploi, de
l’hôpital, de l’éducation, …. ».
Alain Bolla, secrétaire fédéral, conclut la réunion par ses termes « Comment être utile aux gens ? Sans initiatives locales de la part des communistes les questions et les propositions restent générales. C’est à partir du terrain, des lieux d’exploitation, de vie, en lien avec nos élus que l’on peut gagner un à un les citoyens à l’engagement politique et pas seulement lors des élections. Pour cela, adressons-nous, avec esprit d’ouverture, en voyant large et grand, à celles et ceux qui nous entourent dans les entreprises, les écoles, les quartiers, pour faire connaître nos idéaux. Renforcer le parti, former les adhérents, pour faire le lien entre la théorie et la pratique, c’est indispensable. Il n’y a pas de hasard en politique ».
L.C
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