REVOLUTION DE LA JEUNESSE ET DU PEUPLE TUNISIEN
La jeunesse et le peuple tunisien ont su s’émanciper du joug qu’entretenait depuis si longtemps (23 ANS) le dictateur Ben Ali. Face à un régime qui ne leur offrait que le chômage, la pauvreté, la corruption et la privation de liberté, la révolte sociale a eu raison de tant d’humiliations et de souffrances.
Nous ne pouvons que saluer le courage et la détermination du peuple tunisien et de sa jeunesse, des forces démocratiques et progressistes, des mouvements pour les droits de l’Homme. Plus que jamais, tout doit être fait désormais pour garantir aux Tunisiens les libertés et la transition démocratique et sociale qu’ils réclament.
Certaines conditions, comme la mise en place d’élections libres, garantissant la présence de la pluralité des sensibilités politiques du pays, sont indispensables pour construire sereinement la Tunisie de demain.
Il n’est jamais trop tard pour être en retard, semble proclamer le gouvernement français, qui tente de justifier l’appui honteux qu’il a apporté au dictateur Ben Ali.
Michèle Alliot-Marie argue que c’est par compassion qu’elle avait mis à la disposition de la répression en Tunisie « le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité » aptes à « régler des situations sécuritaires de ce type ».
Après cette faillite morale, sa démission du Quai d’Orsay devrait être actée depuis longtemps.
Suggérons donc au gouvernement français et à l’Élysée de prendre pour une fois un peu d’avance et de marquer leurs distances avec les régimes autoritaires, et particulièrement avec l’autocrate marocain qui a somptueusement accueilli Nicolas Sarkozy et Madame dans l’un de ses palais pour les fêtes de fin d’année.
Dans les semaines qui viennent, on verra s’allonger la liste des responsables politiques, des dirigeants des médias ou de la communication, des grands patrons qui ont appuyé la dictature et en ont profité.
Après l’ignoble, le ridicule. « L’Internationale socialiste a rompu toute relation avec le RCD tunisien et l’a exclu de ses rangs », a annoncé le secrétaire national du PS, Jean-Christophe Cambadélis.
Après combien de dizaines d’années de dictature, combien de milliers de morts, combien de jours et de nuits de tortures et de peur ?
Il a fallu trois jours à cette instance présidée par le premier ministre grec, Georges Papandréou, pour prendre acte de l’exclusion du pouvoir de leur camarade par le peuple tunisien.
Une majorité au Parlement européen a refusé d’adopter une motion de soutien au peuple tunisien.
L’addition s’alourdit. D’autres, à Tunis, tentent de jouer la montre.
La colère rebondit contre la tentative de confiscation du gouvernement et du pouvoir par les hiérarques du régime dictatorial.
Aujourd’hui encore, les postes clés restent aux mains des ministres qui ont conduit la répression : la police, les affaires étrangères, l’armée et les finances occultes de l’État Ben Ali.
Dans tout le pays, des manifestations récusent la mascarade, et le puissant syndicat tunisien, ressourcé dans la révolte et qui se débarrasse des caciques corrompus, a demandé à ses membres de se retirer d’un gouvernement qu’il désavoue.
Le surgissement de la jeunesse et du peuple tunisien sur la scène mondiale est une très bonne nouvelle pour tous les peuples du monde.
Il montre qu’une voie de l’émancipation est possible. Ils sont en train de faire la première révolution de ce 21e siècle. Nous sommes à leurs côtés ; aux côtés de toutes les forces démocratiques.
Nous souhaitons ardemment que ce peuple sage, tolérant, cultivé réussisse la transition démocratique.
Les travailleurs, la jeunesse et le peuple tunisien tout comme les forces progressistes peuvent être assurés du soutien du Parti Communiste Français ainsi que de sa vigilance.
William Mathevet
le 25 janvier 2011
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