Population Paca : tous dans les villes !
Par Patrice Maggio (pmaggio@nicematin.fr)
Créé le 10/20/2011 - 11:00
Treize grandes aires urbaines concentrent 88 % de la population. Selon l’Insee, qui a étudié les déplacements domicile-travail, Draguignan, Brignoles et
Fréjus ont gagné en influence
Jamais on n'a autant vécu en ville qu'aujourd'hui : 93 % des habitants de Provence-Alpes-Côte d'Azur se concentrent dans trente-cinq aires urbaines, les treize
plus grosses se partageant, à elles seules, quasiment neuf habitants sur dix. C'est la force des grandes villes et de leurs proches banlieues (habitants : +14 %).
Mais, selon une enquête nationale tout juste dévoilée par l'Institut national de la statistique et des études économiques, il apparaît que les grandes banlieues
(rebaptisées « couronnes » par l'Insee) ont, les premières, le vent en poupe, surtout en Paca (+ 27 %). Parce qu'elles sont proches des lieux de travail et que l'immobilier y reste plus
accessible.
Ces petites communes, moins rurales que dans la moyenne nationale, ne sont pas toujours des cités-dortoirs. En une décennie (1999-2008), les treize locomotives
régionales ont gagné 15 % d'habitants supplémentaires et, surtout, 33 % de zones d'influence.
Nice-Toulon : petites progressions
Avec Marseille-Aix, Nice et Toulon restent les principales aires urbaines en Paca : elles gagnent en habitants (+7,8 % chacune), mais aussi en territoires. Malgré
ses difficultés économiques, la capitale provençale, alliée à la grande ville universitaire, garde son troisième rang français. Les grandes aires niçoise et toulonnaise restent, elles, stables
au niveau régional, mais perdent des places au classement national. En dix ans, Nice est passée de la 6e à la 7e place. Toulon de la 10e à la 13e.
À l'intérieur de leur périmètre, comme dans toute la région, les distances domicile-travail ne cessent de s'allonger. Dix-sept kilomètres en moyenne Paca, soit + 9
% en dix ans.
Draguignan et Brignoles : surprises
L'aire urbaine de la cité du Dragon affiche un gain de population de 74 % en dix ans, passant de la 10e à la 6e place régionale. Draguignan, mais aussi sa voisine
Vidauban, ont plus d'habitants. Et, sur la carte de l'emploi régional, les frontières de l'aire dracénoise se sont déplacées. Les Arcs, Le Muy ou La Motte se sont davantage tournées vers elle.
Seul le grand Avignon affiche un tel dynamisme.
L'autre surprise varoise, c'est Brignoles : la commune et sa banlieue ont gagné 48 % d'habitants sur une décennie. Le grand
Fréjus affiche, lui aussi, une belle progression.
Dans la catégorie « aires petites et moyennes », Cavalaire, St-Tropez, Cogolin, Ste-Maxime et Le Luc carburent fort, avec des pointes à + 20 %. Ce sont des
exceptions : les « Petits Poucets » perdent de plus en plus d'autonomie au profit des grandes aires.
Seulement 3 % (le double dans les autres régions) des Provençaux, Alpins et Azuréens vivent et travaillent en dehors de ces zones d'influence économique,
essentiellement des montagnards. Mais ces 3 % d'habitants pèsent 35 % du territoire.
Est-il nécessaire de le préciser : en dehors du littoral, les déserts démographiques gagnent encore du terrain.
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