Ouigo : la SNCF lance son offre de TGV du pauvre
Humanité Quotidien
20 Février, 2013
Low cost
Des TGV rose et bleu circuleront à compter du 2 avril. Il faudra prendre ces trains présentés comme moins chers sans trop de bagages et loin des
centres-villes. Le low cost est sur les rails.
Nouvelle opération de communication tonitruante de la SNCF [1], hier. Guillaume Pepy, son dirigeant, s’est rendu en personne à Marne-la-Vallée, à l’est de Paris, pour présenter la première rame de TGV rose et bleu, à
classe unique, baptisée « Ouigo ». Les réservations sont ouvertes uniquement via un site Internet dédié, pour cette offre de transport ferroviaire à bas coût, censée répondre aux besoins
des familles et des voyageurs groupés, et surtout faire face à la crise et à l’arrivée de la concurrence.
Il y a un "mais"
En réservant de trois à six mois à l’avance l’une des 400 000 places mises en vente chaque année, le prix du billet variera de 10 à 85 euros (5 euros pour
les moins de douze ans accompagnés d’un adulte) de Marne-la-Vallée vers Montpellier (Saint-Roch), Marseille-Saint-Charles et Lyon-Saint-Exupéry, notamment à bord de rames doubles qui
permettent d’embarquer 1 268 passagers simultanément, contre 1 000 dans les TGV classiques. La voiture-bar a été supprimée pour faire de la place.
Les places assises y sont comparables à celles de la 2e classe actuelle des TGV, garantit la SNCF. Mais il y a des « mais ». Il faudra se présenter au plus
tard trente minutes avant le départ, n’être muni que d’un bagage et d’un sac à main et s’acquitter de suppléments (5 euros par bagage supplémentaire, 2 euros pour accéder à une prise de
courant…).
15 euros pour aller à la gare
Voyager à partir de gares excentrées signifie par ailleurs rejoindre ensuite les centres-villes. Ainsi la navette de bus qui relie la gare TGV de
Lyon-Saint-Exupéry au cœur de la ville, par exemple, coûte la bagatelle de 15 euros! Et pour la CGT des cheminots, cette offre réserve bien d’autres mauvaises surprises, en forme de
« coups bas pour les usagers et les cheminots». «Sachant que le moindre incident matériel reporterait les voyages sans aucune garantie de délai, puisque ces usagers ne seraient pas
autorisés à emprunter un TGV classique», la CGT a déjà alerté «des conséquences désastreuses que cela provoquerait sur l’image de la SNCF, celle des cheminots et leurs relations avec les
usagers». Le syndicat relève qu’avec ce TGV low cost [2], la SNCF «réinvente la
3e classe à grande vitesse». Des offres de TGV du pauvre, qui, comme pour l’aérien, « e font toujours au détriment des droits des salariés, de l’emploi et des salaires». «Si cette
organisation peut répondre à des demandes et des cas individuels, pour la CGT, le fond reste irrecevable.»
LA SNCF triple son bénéfice. En 2012, la SNCF a triplé son bénéfice net, à 383 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de
33,8 milliards d’euros en hausse de 3 %.
Elle a épongé une partie
de sa dette à hauteur d’un milliard d’euros (celle-ci s’élève désormais à 7,3 milliards). Les branches SNCF Infra
(entretien du réseau) et voyageurs ont bien rapporté mais, côté marchandises, une nouvelle baisse de 1,6 % est enregistrée. La SNCF prévoit
de réaliser 150 millions d’euros d’économies,
en 2013.
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Laurence Mauriaucourt
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