|
C’était le 24 juin. Ils entendent bien être beaucoup plus nombreux encore le 7 septembre. LAURENT SACCOMANO
Mobilisation. En ce début de nuit du 4 août, le collectif départemental contre la réforme Sarkozy-Woerth donne rendez-vous à
20h30 aux Réformés, pour descendre la Canebière.
Sans nul doute un hasard de calendrier. Mais un gouvernement qui prend ses vacances la veille de
l’anniversaire de l’abolition des privilèges après avoir adopté son projet de loi portant réforme des retraites la veille du 14 juillet, voilà qui est pour le moins
révélateur des Bastilles qui restent à prendre. Ne serait-ce que pour empêcher la remise en cause de conquêtes marquées du sceau du progrès social.
Parce que, avec ce que Woerth et Sarkozy désignent par antiphrase sous le terme de réforme quand il s’agit
de préparer une régression d’une ampleur rarement égalée, c’est bien de cela qu’il s’agit. Si la logique bulldozer de l’UMP et de son pouvoir n’a rien à envier à ce que
la tradition de la droite a amené de plus rétrograde, du côté des défenseurs des retraites au contraire, l’imagination est au pouvoir. Décider d’une… retraite aux
flambeaux en cet anniversaire de la nuit du 4 août qui sonna le glas de la monarchie pour accoucher des fondements de la République, il fallait y
penser.
Car c’est à cela que le « Collectif 13 pour la défense des retraites » appelle ce soir, en donnant
rendez-vous à 20h30 aux réformés, pour un défilé qui s’achèvera sur le Vieux-Port. Rappelons que ce Collectif initié par les associations Attac et Copernic réunit les 7
unions départementales syndicales depuis des mois sur la brèche dans l’unité (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires, et avec elles l’Unef et l’UNL), mais aussi des
organisations comme Droit des Femmes, Vivent les services publics, la Confédération syndicale des familles, et la plupart des partis et formations politiques de gauche
(PCF, NPA, Verts, PG, GU, Alterntifs, Fase, ACU, Rouges Vifs, JC).
Pour Fabrice Aubert, l’une des chevilles ouvrières du collectif et du montage de cette initiative, il
s’agit avec celle-ci, de « défendre les retraites pour défendre la Retraite » en précisant que l’on peut inverser les deux propositions. Pour sa part, Thierry Pettavino,
secrétaire de l’UD CGT, souligne la continuité de l’action pour mettre en échec le sinistre projet. Après le vif succès de la journée nationale d’action du 24 juin qui a
vu deux millions de manifestants, dont 80 000 à Marseille, fouler le macadam des villes de France, la meilleure façon d’assurer le succès de celle du 7 septembre, qui
sera marquée par le renfort de FO, est de ne pas l’attendre l’arme au pied.
Après la sardinade du 13 juillet devant la préfecture pendant que le gouvernement adoptait son projet,
avant les nombreuses initiatives en préparation, c’est le sens de la « descente aux flambeaux » de ce soir.
CHRISTIAN CARRERE
Sarkozy et Woerth persistent, le PCF fait signer
Composante à part entière du Collectif départemental pour la défense des retraites, le PCF prend toute sa place dans les actions de celui-ci. Mais dans le même temps, il
entend apporter sa contribution originale à la lutte pour le retrait du projet gouvernemental. Comme pour dire : on n’est jamais trop nombreux et trop diversifiés dans
nos initiatives pour renvoyer Woerth et Sarkozy à leurs chères études.
Ainsi, les militants communistes entendent-ils faire un carton avec la collecte de signatures au bas de « la proposition de loi alternative » déposée par les député(e)s
communistes, républicains et du Parti de gauche. Lequel texte propose de « désintoxiquer notre économie de la finance », avec une contribution des revenus financiers des
entreprises à un taux de 9,9%. Ce qui apporterait 30 milliards de recettes supplémentaires. Propose aussi de « favoriser l’emploi et les salaires » avec des mesures qui
amèneraient 25 milliards de recettes supplémentaires. Propose également de « promouvoir la justice sociale » avec la suppression du bouclier fiscal et l’augmentation des
contributions des revenus issus de l’intéressement, des bonus et stock-options.
5 000 signatures recueillies dans les Bouches-du-Rhône au 20 juillet. Et Henri, militant des quartiers Nord de Marseille, pense que ce score peut être pulvérisé. « Chez
nous, nous avons obtenu 200 signatures en trois initiatives de rencontres », fait-il observer. Quant à la caravane destinée à promouvoir cette campagne, elle reprend son
périple. Avec étape à Port-de-Bouc le 21 août. Et à Roquevaire le 28.
CH.C.
|