« Moraliser » la vie politique en confortant le bipartisme ?
Humanité Quotidien
17 Juillet, 2012
Commission
À défaut d’une VIe République, créer une commission pour « moraliser » la vie politique après cinq ans d’oligarchie sarkozyste, pourquoi pas ? Encore
mieux
si cela débouche sur une loi, comme l’avait promis
le candidat socialiste, précisant que le texte
comprendrait notamment « la limitation du cumul
des mandats, l’indépendance de
la justice, le comportement de l’État, et la parité ». Le 14 juillet, le président de la République a donc annoncé la création d’une commission présidée par Lionel Jospin qui remettra ses
conclusions début novembre. La commission sera composée de 13 universitaires, juristes, hauts personnages de l’État et… de l’ancienne ministre du Travail Roselyne Bachelot. Ce que la
sénatrice communiste Nicole Borvo Cohen-Seat n’a pas manqué de relever, regrettant « une diversité politique limitée », contrairement aux annonces du chef de l’État. L’Élysée, qui aime
pourtant les symboles, vient d’en envoyer un bien curieux, au moment où la démocratie n’a jamais
eu autant besoin d’air frais. Où le bipartisme, qui aseptise la vie politique, vient de
montrer ses limites dans le record d’abstention aux élections législatives. Une crise démocratique sans précédent pourtant analysée à l’unisson comme un des effets pervers de l’inversion
du calendrier électoral… initié par Lionel Jospin en 2002.
Maud Vergnol
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