Brignoles. De nouvelles menaces pèsent sur le centre hospitalier Jean-Marcel
Le 26 janvier dernier, les personnels du centre hospitalier Jean-Marcel dénonçaient, lors d'un mouvement de grève, les économies réalisées à leur détriment dans le cadre de la gestion comptable de la santé. Deux mois plus tard, les mêmes personnels se prononçaient contre le plan proposé par la direction visant à équilibrer les comptes de l'établissement. Aujourd'hui, Claude Gilardo, maire de Brignoles et président du comité de surveillance, monte de nouveau au créneau.
Deux mille cent séjours annuels
Après avoir rencontré, le 3 septembre dernier, Dominique Deroubaix, le directeur de l'Agence régionale de la santé, le maire brignolais est quasiment certain « que certains services semblent menacés au prétexte d'un déficit cumulé de 8 millions d'euros ».
À ce jour, le centre hospitalier Jean-Marcel accuse un déficit budgétaire de plus de 4 millions d'euros. Un résultat négatif dû « à la dotation annuelle de fonctionnement qui se trouvait en dessous de sa valeur durant des années et, surtout, en raison d'un remboursement des actes qui n'a pas été total », affirme le président du comité de surveillance (voir encadré). Celui-ci est conscient « des économies à réaliser et de la rigueur budgétaire à adopter. Mais il est hors de question d'envisager toute suppression de services ou de lésiner sur la qualité sanitaire de notre établissement ».
Car c'est bel et bien le service chirurgie qui est menacé, selon la direction de l'Agence régionale de santé.
« On nous reproche une activité de 2 100 séjours par an alors que le seuil de rentabilité serait de 2 400 séjours annuels. Une comptabilité qui ne prend pas en compte les actes réalisés en maternité. Quand on sait que l'établissement comptabilise 750 naissances par an, ces ratios sont pour le moins contestables ».
Des extensions en suspens
De surcroît, les responsables de la santé laissent planer le doute sur l'attribution des douze millions d'euros consentis au titre de l'investissement. De l'argent alloué pour réaliser des travaux d'extension des urgences et de l'aile est. Un chantier programmé pour 17 millions d'euros.
De quoi faire bondir le principal défenseur de la santé publique sur le plan local et intercommunal. « Comment peut-on nous reprocher notre manque d'activité et nous geler l'argent nécessaire au développement de l'offre de soins.
Si nos dirigeants au plus haut niveau de l'État ont décidé de fermer l'hôpital de Brignoles, qu'ils le disent immédiatement ».
Tant et si bien que Claude Gilardo a décidé d'alerter ses collègues élus de la Provence verte et du centre Var en lançant un appel.
« Il sera adressé à chaque conseiller municipal, aux conseillers communautaires. Il nous faut nous mobiliser avant qu'il ne soit trop tard ».
arevello@varmatin.com
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