La Poste ferme Colbert mais n’éteint pas les luttes
Article paru dans La Marseillaise du vendredi 7 janvier 2011
Tandis que l’hôtel des Postes, fondé en 1891, fermait hier, les postiers du 2e poursuivaient leur grève. A la rencontre de leurs collègues, ils ont réaffirmé leur détermination.
Tintamarre assourdissant, sirènes hurlantes, les postiers du 2e
arrondissement en grève depuis 3 mois, font leur entrée au matin, dans la Poste Colbert. « Guichetiers avec nous ! Tous ensemble tous ensemble ! » Il ne faudra que quelques minutes aux employés
de l’illustre bâtiment du centre-ville pour débrayer. Eux aussi, ont mené une longue bataille pour le maintien du service public et voilà qu’hier, ils vivaient leur dernier jour de travail dans
un hôtel des Postes fondé en 1891.
Pendant que Patrick Sabatier de la CGT poste 13, Alain Croce et Christophe Galéa postiers grévistes, exposent leur refus du manque
d’effectifs et des contrats précaires, deux guichetières acquiescent. Gisèle et Dominique, 30 et 37 ans d’ancienneté à la poste Colbert, ont « mal de voir brader le service public et son
patrimoine ». Soutenant le combat de leurs collègues du 2e contre la précarité, elles confient aussi leurs inquiétudes pour les usagers de la poste Colbert.
« On parlait de deux bureaux pour remplacer Colbert dont un social, à Belsunce…La Poste l’a oublié en cours de route. Il n’y aura
qu’un bureau bobo, avec vitrine et compagnie pour les croisiéristes rue Saint-Cannat », enrage Gisèle. « Les usagers en difficulté sociale n’auront plus à faire qu’à des automates pour les
échanges d’argent, ils vont être complètement perdus, et la direction ne les informe même pas », renchérit Dominique.
Solidarité concrète
Avant de quitter les lieux, Alain Croce réaffirme que « Colbert, détenu en indivision avec France Télécom doit devenir un hôtel de
la communication et non un marché à salades ! »
A peine les postiers du 2e saluent-ils leurs collègues de Colbert, qu’on les retrouve devant le centre financier de La Poste. René
Verlaque, responsable CGT du site, les accueille à la porte très sécurisée. Dans sa bouche, les mêmes mots « manque d’effectifs, contrats précaires, heures supplémentaires… »
« Les chèques postaux c’est devenu Fort Knox », plaisante Alain Croce devant les hautes grilles. Un peu plus loin, quatre grévistes
profitent des allées et venues au centre pour collecter argent et signatures.
Sylvie Féola, salariée du site et représentante CGT au Conseil d’administration (CA) national de La Poste, rapporte sa dernière
rencontre avec le président du groupe. « Au dernier CA, Jean-Paul Bailly a été réélu président sans les voix de la CGT et lorsque nous lui avons dit que pour négocier dans le 2e à Marseille, il
fallait être deux, il a tourné les talons ! », s’indigne-t-elle.
Peu après, une délégation de grévistes s’engouffre dans le centre jusqu’au restaurant d’entreprise. Devant une centaine de collègues
attablés, Christophe Galéa prend la parole pour expliquer les motivations de leur grève. Applaudissements dans la salle.
Un encas rapidement avalé et voilà les postiers qui finissent leur journée en se joignant à une manifestation sur les contrats
aidés, avec la conviction que le combat contre la précarité dépasse largement La Poste et les frontières du 2e arrondissement.
LÉO PURGUETTE
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