Enveloppe consommée, précaires balayés
Article paru dans La Marseillaise du jeudi 18 novembre 2010
Les secteurs de la culture, du social et de l’éducation se mobilisent aujourd’hui pour protester contre la suspension. Les personnels éducatifs étaient déjà rassemblés mercredi 17.
« La suspension des contrats aidés n’est qu’un chapitre de plus au démembrement du secteur culturel », souligne Pier Robert,
administrateur de compagnie et membre du collectif Paca emplois aidés, constitué suite à l’annonce du 28 octobre dernier sur la suppression des dits contrats dans le secteur non
marchand.
Une suspension pour le moins « brutale » des CAE-CUI (Contrats d’accompagnement dans l’emploi et Contrats uniques d’insertion) qui
touche les secteurs culturels, sociaux et éducatifs mobilisés aujourd’hui, à 14h devant la préfecture du département, pour exiger « la dotation budgétaire permettant d’honorer les engagements
pris envers les salariés et la garantie du maintien des contrats aidés ».
De nombreuses structures implantées en région Paca sont touchées par la décision de la préfecture dont l’enveloppe affectée aux
contrats précaires est arrivée à échéance pour l’année 2010. Les conséquences placent « autant les employeurs que les salariés dans une situation d’extrême urgence ». Une situation tout à fait «
inédite », selon Maître Ferraro, l’avocat en charge du dossier auprès du collectif, qui préconise, en l’absence du caractère officiel de l’ordonnance préfectorale, de « continuer à déposer les
dossiers auprès de pôle emploi », habituellement chargé de valider les conventions entre les parties concernées.
Pour le collectif constitué récemment dans une région, qui enregistre plus de 32 000 contrats aidés signés dans les secteurs non
marchands et plus de 30 000 emplois culturels dont un nombre non négligeable de CUI, la suspension représente une perte considérable d’emplois, certaines embauches étant remises en cause,
d’autres ne se voyant pas renouvelées. La suspension annoncée remet directement en cause « l’activité de nombreuses structures qui n’ont d’autres recours que ces contrats aidés pour assurer leur
fonctionnement ».
Sans oublier le mauvais coup porté aux plus précaires « assujettis à des contrats humiliants qui ne permettent pas de mener des
actions sur le long terme », souligne une membre du collectif Paca, rassemblé pour « une vraie politique de l’emploi dans le secteur non marchand ». Et d’ajouter la sape du « travail
d’accompagnement mené par les travailleurs sociaux, accompagnateurs et conseillers à l’emploi dont les agents de pôle emploi ». Au collectif Paca pour le maintien de l’emploi dans le secteur non
marchand d’appeler l’ensemble des acteurs de terrain, structures, services et personnes concernées de la région à rejoindre le mouvement aujourd’hui devant la préfecture à
Marseille.
EMMANUELLE BARRET
L’Education contre les suppressions
« Les surveillants, souvent embauchés en contrats précaires, sont les plus touchés », note Marion Chopinet du secrétariat académique
au Snes. Rassemblés hier matin devant l’inspection académique à Marseille à l’appel de l’intersyndicale, personnels et parents d’élèves du premier et second degrés sont venus protester contre la
suppression des postes d'assistants d'éducation (AED) et contre le non renouvellement des contrats aidés (CUI-CAE), notamment dans les établissements classés en zone dite « ambition-réussite
».
Après la suppression de 85 emplois d’assistants d’éducation en juin dernier, c’est au tour des contrats aidés de ne pas être
renouvelés et ce malgré les récentes promesses de l’inspecteur d’académie. L’arlésienne remet directement en question « les projets éducatifs mis en place dans les établissements ne pouvant
aboutir par manque de moyens ».
Dans les Bouches-du-Rhône, ce ne sont pas moins de 510 contrats CAE, que l’administration ne veut pas reconduire, 1000 pour
l’académie en comptant les personnels du premier degré.
Conséquence de ces non renouvellements dans les vies scolaires, « impossibilités de fonctionner, élèves en situation de handicap mal
pris en charge, lycées et collèges livrés à eux-mêmes ».
« La rentrée a été très difficile au collège Gibraltar où les élèves manquent d’encadrement », note Laurence Langlois, conseillère
principale d’éducation (CPE). Même constat dans le premier degré où ce sont les postes d’assistants de vie scolaires (AVS), qui sont touchés. « Certaines écoles en sont complètement dépourvues »,
notait Frédéric Bertet, secrétaire adjoint Snuipp.
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