Une ampleur à la hauteur des espérances
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Article paru dans La Marseillaise du mercredi 20 octobre 2010 |
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Marseille. Les 240 000 personnes ayant battu le pavé de la cité phocéenne doivent être entendues. Car le mouvement contre la réforme est loin d’être
terminé.
« Mourir au boulot, merci petit nabot. » Les salariés du Carrefour Grand Littoral qui exhibent leur profession de foi sur des
pancartes, n’y vont peut-être pas avec le dos de la cuillère, mais on ne peut pas leur en vouloir. Ce qu’ils expriment, tous, dans les rangs du privé ou du public, parmi les 240 000 personnes qui
ont manifesté dans les rues de la capitale phocéenne, le pensent tout haut. Et tout particulièrement, les salariés de la pétrochimie et les agents portuaires du bassin de Fos, directement menacés
par le Premier ministre très fâché que l’exercice du droit de grève suppose quelques perturbations. Somme toute très bien perçu par une opinion publique à 71% favorable au mouvement contre la
réforme des retraites.
Une manifestation record
Et les résultats ont été à la mesure des espérances. Tout particulièrement dans le défilé de l’intersyndicale
conduit par la CGT qui rassemblait un nombre impressionnant d’entreprises, dont certaines, notamment les compagnies d’assurances, faisaient leur entrée dans le mouvement social. Dans le même
cortège, salués comme il se doit, les dockers de Marseille, en grève reconductible depuis le mois de septembre, qui conjuguent exigence de la reconnaissance de la pénibilité de leur travail et
d’une réforme des retraites qui tiennent compte de l’avis de partenaires sociaux qui n’ont pas été consultés.
Cette intransigeance du gouvernement a bien du mal à passer chez les salariés. Ceux de la vallée de l’Huveaune
comme de la Réparation navale certes heureux de la reprise de leur activité, mais qui, malgré la réembauche de tous les salariés de l’ex Boluda, aimerait aussi que cet espoir gagne aussi les
intérimaires, « encore laissés pour compte. Et que les armateurs locaux jouent vraiment le jeu de la reprise plutôt que de confier leurs navires à Bizerte. »
On semble très loin du combat contre la réforme des retraites. Mais pas tant que ça, le triptyque emplois,
salaires, retraites est intimement soudé et de plus en plus mis en avant par les salariés du public comme du privé. Les nombreux territoriaux sous la bannière de FO ne disaient pas autre
chose
Comme l’expriment à leur manière les lycéens, très présents dans ce cortège, pour qui, comme Lamia, « la simple
difficulté à trouver un stage dans une entreprise augure mal des chances d’avoir en emploi. »
Un avis amplement partagé par les retraités amplement représentés lors de cette manifestation. Et dont la
mobilisation avait aussi pour objectif de rappeler que « la volonté de reporter l’âge légal de la retraite, si elle pénalisait les travailleurs les plus usés et les femmes, était aussi une grave
atteinte au droit au travail des jeunes ».
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