Deux jours après le discours de Mohammed VI, des manifestations sont attendues dimanche dans tout le pays à l'appel des protestataires du "Mouvement du 20 février" qui jugent les réformes institutionnelles insuffisantes.
"Le projet tel qu'il a été proposé par le roi ne répond pas à nos revendications pour une véritable séparation des pouvoirs", a déclaré Najib Chaouki, l'un des responsables de Rabat de la contestation [1]. Le projet de réforme de la Loi fondamentale en vigueur depuis 1962 a été jugé insuffisant par le rassemblement qui réclame depuis février la mise en place d'une véritable monarchie parlementaire. Najib Chaouki a annoncé une mobilisation aujourd'hui et la coordination nationale du Mouvement du 20 février [2] a appelé à des défilés notamment à Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech et Fès.
Face à la vague de contestation au Maroc, Mohammed VI avait promis dans un discours le 9 mars [3] des réformes politiques importantes. L'une des innovations annoncées vendredi est le renforcement des pouvoirs du futur "chef du gouvernement" qui "sera désigné au sein du parti arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants" par le souverain. Jusqu'ici le roi pouvait choisir le Premier ministre de son choix. Le chef du gouvernement aura notamment "le pouvoir de dissoudre la Chambre des représentants". Dans l'actuelle constitution, la dissolution est du ressort exclusif du monarque. Le Mouvement des jeunes reproche au projet de ne pas aller assez loin, notamment dans le domaine de la séparation des pouvoirs. Les amendements à la Constitution doivent être soumis à un référendum le 1er juillet prochain.
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