Rédaction Web
12 Septembre, 2011
Le site touché, Centraco (Centre de traitement et de conditionnement de déchets de faible activité), est exploité par la société Socodei, une filiale d'EDF. Un porte-parole d'EDF a affirmé qu'une personne était décédée dans un local situé à côté du four mais que la détonation était restée contenue dans ce dernier, sans faire exploser le bâtiment lui-même. Une personne est grièvement brûlée et est dans un état grave, a ajouté EDF, qui n'a pas pu fournir dans l'immédiat d'explication à l'explosion.
Socodei a déclenché son plan d'urgence conformément aux procédures, ajoute le communiqué de l'ASN, qui souligne avoir mobilisé sa division de Marseille et dépêché des inspecteurs à la préfecture et sur le site.
La filière nucléaire française n'en finit pas d'enregistrer les incidents. Dernier en date avant l'accident de Marcoule: l’Autorité de sûreté du nucléaire avait alerté EDF début septembre sur des malfaçons sur le chantier de Flamanville [2], marqué par de mauvaises conditions de travail et de nombreux accidents. L'EPR, cette centrale nucléaire de troisième génération sur laquelle l'industrie nucléaire tricolore fonde tous ses espoirs, a bien du plomb dans l'aile. Dans un document révélé par l’Humanité [3] en juin dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) montrait comment Bouygues, maître d’œuvre, et ses sous-traitants dissimulaient une grande partie des nombreux accidents recensés sur le site. Début juillet, le parquet de Cherbourg ouvrait une enquête visant une société d’intérim soupçonnée « d’avoir détaché illégalement des intérimaires » à Flamanville pour Bouygues.
En juin dernier toujours, une série de dysfonctionnements inquiétants était révélée à la centrale de Paluel, en Haute-Normandie. Mediapart a ainsi listé des «fuites à répétition, rejets de gaz radioactif, déclenchements de balises d’alertes, contaminations de travailleurs». Plus globalement, l'ASN avait annoncé en mars 2011 que le nombre d'incidents et d'anomalies sur des centrales nucléaires en France avait doublé en dix ans. 1.000 incidents ont ainsi été comptablisés en 2010, pour la majeure partie sans importance. Seuls trois incidents de niveau 2 ont été recensés, "mettant en cause des défaillances importantes des systèmes de sécurité", selon l'ASN.
Tous ces incidents mettent en lumière la privatisation rampante de la filière nucléaire et son corollaire,la recherche de rentabilité poru les actionnaires. Ce que dénonçait dans l'Humanité Michel Lallier [4], représentant la CGT au sein du Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN): "Pour la CGT, la recherche d’une sûreté maximale ne s’accorde pas avec la recherche du profit. Comment imaginer que des exploitants nucléaires puissent concilier le temps industriel, forcément long dans le nucléaire, avec la recherche du profit à court terme, si ce n’est précisément en réduisant les coûts d’exploitation et donc en économisant sur la maintenance et le personnel ? Avec, au bout de la chaîne, des risques accrus en matière de sûreté."
- A lire:
Le communiqué de la CGT Mines-Énergie [5]
La sureté des centrales française va être revue, assure Fillon [6]
Quelle garantie pour assurer la sureté nucléaire? [4]
"Ne pas se limiter au choix entre peste et choléra" [7]
- Sur l'EPR de Flamanville, à lire:
EPR de Flamanville: d'inquiétants défauts de qualité [2]
Flamanville. Le rapport de l'ASN qui accable Bouygues [3]
"Tirons les leçons de l'EPR", [8] par Jack Tord, coordinateur des syndicats CGT sur le chantier de l'EPR
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