Faisant face aux locaux du Medef 13, les militants ont alerté la population sur ce qu’ils
appellent « le plus grand plan social français en préparation ». STÉPHANE CLAD
Article paru dans La Marseillaise du vendredi 12 février 2010
Demain tous chômeurs ? C’est la crainte du collectif Fonction publique de la CGT sur laquelle il a décidé d’attirer l’attention hier en milieu de journée.
Faisant face aux locaux du Medef 13 et affrontant un vent des plus glacés, les militants ont fait hurler leurs sirènes pour alerter la population sur ce qu’ils
appellent « le plus grand plan social français en préparation ».
Dans le rassemblement, on comptait des fonctionnaires de la santé, des impôts, des douanes, des collectivités territoriales, tous venus dire leur refus de la loi de mobilité des
fonctionnaires et de ses décrets d’application.
Tandis qu’au niveau national la réunion du conseil supérieur de la Fonction publique, chargée d’examiner les textes d’application, était boycottée par la quasi-totalité des
syndicats (représentant 92% des fonctionnaires), les cégétistes marseillais demandaient l’abrogation pure et simple de la loi.
En cause : la possibilité de placer en disponibilité d’office un agent dont le poste est supprimé et qui aurait refusé trois reclassements. Cette disposition, dénoncée avec
vigueur par les syndicalistes, correspondrait à une situation plus défavorable qu’un licenciement dans le secteur privé, car l’agent concerné ne percevrait pas son traitement,
et serait également privé de tout droit aux indemnités chômage.
Hécatombe de fonctionnaires en prévision
« Dans certains services, on nous dit déjà de faire nos CV ! », s’indigne dans le vacarme Annie Bastogi de la CGT-douanes qui, avec la suppression d’un poste de douanier chaque
jour en France, a des motifs d’inquiétude.
En plus de l’objectif affiché du gouvernement de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite, des suppressions pures et simples d’emplois deviendraient
possibles.
Pour Philippe Laget des impôts, « le gouvernement justifie la révision générale des politiques publiques et des prélèvements obligatoires, et sa réforme territoriale par la
volonté de réduire les déficits. En somme, quand il s’agit de l’intérêt général, des services publics et de leurs agents, on dénonce un mauvais déficit, mais quand il faut
renflouer les banques, là, c’est un bon déficit ! ». Les deux syndicalistes qui n’entendent pas en rester au constat annoncent une mobilisation le 16 aux impôts et le 23 mars
dans les douanes.
Graves conséquences sur les services publics
Un cégétiste de France Télécom témoigne : « Je fais partie de ces fonctionnaires dont le travail a été livré aux lois du marché. Je suis là pour que cette logique s’arrête. Chez
nous, le résultat est sans appel : baisse de la qualité du service, précarisation des employés, et même suicides dus aux conditions de travail. »
Autre exemple mis en avant par la CGT : les dysfonctionnements connus par l’Eurostar en décembre. Un rapport indépendant, dévoilé le jour même, pointait clairement les logiques
de rentabilité qui ont conduit l’entreprise, pourtant détenue majoritairement par la SNCF, à une série de pannes laissant ses passagers 16 heures au-dessous de la Manche sans
eau ni nourriture.
Rapportant le mécontentement général de leurs collègues, les syndicalistes se sont donnés comme cap une mobilisation prochaine de toute la Fonction publique pour « l’abrogation
de la loi de mobilité et l’arrêt de la casse des services publics ».
LÉO PURGUETTE
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