72 % des Slovènes ont rejeté par référendum la réforme des retraites du gouvernement de centre gauche de Borut Pahor qui entendait s’aligner sur les normes définies par Bruxelles.
Ils ont obtenu leur référendum sur la réforme des retraites. Ils l’ont gagné. Les Slovènes ont refusé dimanche par référendum et par 72,17 % la réforme des retraites votée en décembre par le gouvernement du social-démocrate Borut Pahor. Le « oui » n’obtient que 27,83 %. Soit moins que le parti du premier ministre lors des élections législatives de 2008 (30,50 %). L’objet de la réforme était de repousser l’âge de départ à la retraite de 63 ans à 65 ans.
Cette victoire advient à la suite d’une bataille de longue haleine, initiée lors de la manifestation du 28 novembre 2009, rappelle l’Association slovène des syndicats libres, qui a collecté 40 000 signatures pour arracher l’organisation de ce vote populaire. En 2009, 30 000 Slovènes avaient défilé dans les rues de Ljubljana pour le maintien du système de retraite et l’instauration d’un smic à 600 euros. En avril 2011, les Slovènes avaient rejeté par référendum une loi qui précarisait les contrats de travail des retraités et étudiants.
Cette réforme des retraites est le fruit des demandes pressantes de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI). Car, du fait de la crise financière, la dette publique de l’État des Balkans a bondi de 22,5% à 43,3%. Tous les moyens ont été mis en œuvre pour inciter au vote "oui". Vendredi, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a été dépêché à Ljubljana pour promouvoir cette réforme. Cette dernière «est une nécessité, même si elle est au début un changement douloureux», a-t-il défendu, rappelant qu’elle s’inscrivait dans le cadre du pacte pour l’euro, cet accord approuvé lors d’un conseil européen au printemps pour imposer l’austérité aux peuples d’Europe. Les médias ont averti que la note de la dette slovène serait dégradée. Cela entraînerait une envolée des taux d’intérêt de la dette tout comme cela a été le cas pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal.
Le 20 mai, lors d’une visite en Slovénie, les dirigeants du FMI «ont encouragé les autorités à préparer des mesures de secours en cas de rejet de la réforme du système de retraite», lit-on sur le site de l’organisation. Au garde-à-vous, Borut Pahor s’est exécuté dès hier, au lendemain du référendum. «Pour garantir la stabilité des finances publiques à court terme, nous envisageons une loi d’intervention, une révision du budget ou les deux mesures en même temps», a annoncé le leader social-démocrate. Il pourrait être question de gel des salaires de la fonction publique et des pensions de retraite.
L’opposition conservatrice cherche, elle, à rééditer les victoires électorales de la droite portugaise et espagnole. L’ancien premier ministre Janez Jansa parle d’une «motion de censure contre l’arrogance du pouvoir», mais ne promet pas la fin à l’austérité. Borut Pahor cherche, lui, à se relégitimer pour mener sa politique de casse sociale et devrait prochainement demander la confiance du Parlement. Il a subi en avril la défection du parti des retraités Desus et ne dispose plus du soutien que de 42 des 90 députés.
Reste maintenant à mobiliser les Slovènes sur une politique alternative. Si le résultat du référendum est encourageant, le taux de participation, lui, n’est que de 41%. En 2010, pour le vote sur la délimitation de la frontière avec la Croatie, 42,7% des électeurs s’étaient déplacés et 63,1% lors des législatives de 2008.
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