Déjà rassemblés en attendant le 23 septembre
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Article paru dans La Marseillaise du jeudi 16 septembre 2010 |
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Présents partout dans le pays, syndicats et salariés ont répondu au vote de la réforme par la droite. Ils ont préparé la journée du 23 septembre. Exemples à Montpellier, Toulon et Marseille
Entre deux grandes journées de mobilisation, les syndicats ont maintenu la pression sur le gouvernement et sa majorité en organisant hier de multiples rassemblements dans le pays, simultanément au vote de la réforme des retraites par les députés de droite.
Par ces initiatives, ils entendaient signifier à l'exécutif que l'adoption du projet de loi à l'Assemblée "ne changera rien" à leur
détermination à faire céder le gouvernement, selon le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault. "Notre mobilisation, notre capacité à faire changer les choses est intacte", a assuré le
numéro un de la CFDT François Chérèque, pour qui "une partie" des députés UMP "est en train de vaciller".
Avec leurs homologues des syndicats FSU, Solidaires, Unsa, CFTC et CFE-CGC, les deux hommes ont participé à un rassemblement
multicolore, hérissé des bannières de chaque organisation, place de la Concorde, face à l'Assemblée nationale. Etait là aussi le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, qui avait appelé
séparément aux mobilisations du jour.
Dans nos régions, la mobilisation s’est également manifestée.
Dès six heures du matin, aéroport de Montpellier
Dans l’Hérault, les syndicats ont multiplié les actions. « Après leur mobilisation exceptionnelle, il est important que les salariés
sachent qu’entre le 7 et le 23, les syndicats ne font pas que préparer des banderoles et des chansons, mais font leur boulot en allant interpeller les principaux acteurs de la réforme », explique
Gilles Rousselet, secrétaire général de la CFDT Languedoc-Roussillon. Et ça a commencé très tôt. A 6h, les militants de la CGT ont investi l’aéroport de Montpellier pour s’adresser aux
parlementaires héraultais en partance pour Paris.
Dans la capitale languedocienne, une distribution de tracts a également été organisée devant les locaux de l’IUFM pour toucher les
étudiants, une frange de la population peu présente lors de la manif du 7 septembre.
Dans la même logique, les militants se sont rendus devant les entreprises Dell et IBM. Un rassemblement a réuni 200 personnes en fin
d’après-midi à l’initiative du collectif héraultais pour les retraites, qui compte des associations et des partis de gauche. Une manifestation avait déjà eu lieu mardi soir devant la préfecture
de Narbonne. A Carcassonne, un défilé était programmé hier en fin de soirée. La mobilisation s’est exportée jusqu’à Nîmes où un rassemblement s’est tenu sur le parvis de la mairie à
midi.
Barbecue de lutte à Toulon
Distributions de tracts sur les marchés, actions aux portes des entreprises, quelque quarante banderoles, immenses, déployées sur
les ponts des autoroutes ou sur les façades de bâtiments… la matinée a été riche en initiatives hier dans le Var, et ce aux quatre coins du département. La volonté d’occuper le terrain, exprimée
au terme de la manifestation du 7 septembre, n’est pas restée lettre morte et a au contraire mobilisé de très nombreux militants. Des militants qui se sont ensuite retrouvés à midi à Toulon pour
un « barbecue de lutte » qui a rassemblé quelque 200 personnes.
Dans une ambiance bon enfant, mais non moins empreinte de détermination, toutes les organisations syndicales sans exception étaient
représentées. Dans l’unité, donc, et forts de la mobilisation du 7 (25 000 manifestants à Toulon et 2500 à Draguignan), responsables et militants ont « souhaité qu’elle soit plus forte encore le
23 ».
Evoquant les 70% de Français qui déclarent soutenir le mouvement, Sylvain Brossaud (CGT) a appelé l’ensemble des salariés « à
transformer l’essai en participant massivement à la grève et aux manifestations » jeudi prochain. Myriam Barnel (FO) a pour sa part indiqué qu’une lettre ouverte adressée aux parlementaires avait
été transmise à tous les syndicats, afin que ceux-ci s’en saisissent pour interpeller les députés et sénateurs varois. « Nous avons commencé à l’envoyer aujourd’hui et nous allons saturer leurs
boîtes », a promis Philippe Gueit (CFDT). « Rien n’est perdu », a renchéri Eric Laboure (CFE-CGC) tandis que Sylvain Brossaud considérait, lui, que d’ores et déjà « la confiance a changé de camp
».
A Marseille, rassemblement devant la préfecture
Plusieurs centaines de salariés se sont rassemblés hier à midi à Marseille, devant la préfecture. Dopés par l’immense succès de la
manif du « 7 », et par les récents sondages, les participants avaient fait de ce rendez-vous, une étape dans la construction d’un 23 septembre au moins aussi imposant.
Ils ont été confortés dans leur détermination par les allocutions de leurs responsables syndicaux. Eric Chenais pour la CGT, Albert
Piquet pour la CFDT, Jean-François Longo pour la FSU, Gilles Prou-Gaillard pour l’Unsa, Michel Costes pour Solidaires, Georges Fidalgo pour la CFTC, et Albin Faure pour
l’Unef.
Entre autres délégations, on notait celles de La Poste, des cheminots, des banques et des assurances. Celle aussi, des électriciens
et gaziers, qui avaient cessé le travail quatre heures durant, dans le cadre d’une action nationale initiée par la fédération CGT de l’Energie.
Tous sont repartis avec la volonté de faire du « 23 », un moment clé de l’évolution du rapport des forces qui doit y
conduire.
En même temps, un rassemblement, lui aussi interpro et unitaire, avait lieu devant la sous-préfecture d’Istres, et un autre dans
l’après-midi, devant celle d’Arles.
Reportage Marine Desseigne, Agnes Massei et Christian Carrère
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