Les relations d’EDF avec la Chine sous l’œil de Bercy
Humanité Quotidien
27 Décembre, 2012
Commerce
Selon le Canard enchaîné, l’inspection générale des finances a lancé une enquête sur le contrat de partenariat soi-disant signé fin 2011
entre EDF et son homologue chinois, CGNPC.
« L’affaire » EDF en Chine intéresse désormais Bercy. C’est en tous les cas les révélations faites hier dans le Canard enchaîné. L’inspection
générale des finances a engagé, « il y a quelques jours », une enquête visant à « élucider les conditions dans lesquelles Proglio a signé, en novembre 2011, un drôle de partenariat
nucléaire entre l’électricien français et son homologue chinois China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC) ».
Un nouvel élément qui s’ajoute aux révélations publiées, fin septembre et début octobre, dans le Nouvel Observateur et le Canard enchaîné.
Henri Proglio aurait, selon les sources citées, négocié seul un partenariat secret qui aurait bien avantagé son homologue chinois, dans le but d’écraser la concurrence, Areva, afin
d’obtenir un accès privilégié au marché chinois. Le gouvernement se refuse à parler d’enquête, tout en expliquant qu’un « bilan des relations passées » entre la France, EDF [1], Areva et la Chine dans le domaine du nucléaire est « en cours ».
« C’est un véritable serpent de mer, juge Marie-Claire Cailletaud, dirigeante de la fédération CGT énergie. Je ne sais pas trop quoi en
penser mais je ne vois pas comment un tel accord aurait pu exister sans que le conseil de politique nucléaire n’ait été consulté. »
Lors des premières charges, la direction d’EDF avait immédiatement réagi : « Ce texte n’a pas été signé. Il est maintenant enterré », avait affirmé un
porte-parole. De son côté, Areva [2]affirmait « travailler en étroite coopération avec EDF sur un
nouveau réacteur 1 000 MW ».
« Dès notre arrivée (au pouvoir), le gouvernement a voulu clarifier le rôle respectif de l’État et des entreprises à l’export. Et le conseil de politique
nucléaire de septembre a rappelé que les relations contractuelles ne pouvaient être établies en dehors d’une stratégie établie par l’État », a indiqué ce haut responsable sous couvert de
l’anonymat, à l’AFP.
Reste qu’un an plus tard, l’électricien public et l’entreprise spécialiste du nucléaire Areva ont signé, au mois d’octobre, un accord de coopération
tripartite avec China Guangdong Nuclear Power Corporation Holding. Cet accord n’est, pour l’instant, qu’un « memorandum of understanding » (MOU) en vue d’élaborer un nouveau réacteur de
troisième génération, de 1 000 à 1 200 mégawatts. Les trois partenaires doivent, dans les prochaines semaines, poursuivre leurs négociations sur le design du réacteur, sur la chaudière et
sur l’ingénierie du projet.
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Clotilde Mathieu
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