Les profs répondent toujours présents
Selon les syndicats, près d’un enseignants sur deux a fait grève hier dans l’éducation nationale.
Mobilisation en très légère baisse dans l’éducation. Selon les chiffres de la FSU, près de 55% des enseignants ont fait grève dans le primaire et 45% dans le secondaire, contre respectivement 62% et 55% lors de la précédente journée du 7 septembre. De son côté, le ministère de l'Education nationale, qui emploie un mode de calcul contesté, évoquait un total de grévistes de 25,8%.
« Le second degré ne baisse pas les bras », a estimé le Snes-FSU, rappelant qu'il s'agissait tout de même de la troisième journée de grève à laquelle étaient appelés les professeurs des collèges et lycées depuis la rentrée, le syndicat ayant lancé un mouvement également le lundi 6 septembre. De son côté, le SNUipp-FSU a indiqué qu'il avait envoyé une lettre aux sénateurs, qui doivent examiner le projet de réforme à partir du 5 octobre, afin de les alerter du « profond sentiment d'injustice et de colère de la part des enseignants des écoles ».
Sentiment confirmé dans le cortège parisien où le monde enseignant est venu en nombre. Avenue Daumesnil, on trouve ainsi Danièle, 56 ans, venue avec son mari Robert et sa fille Aurélie. La réforme des retraites ? « Une arnaque ! » réplique cette prof de physique dans un collège à Magnanville (Yvelines). « Quand je suis entrée à 18 ans dans l’éducation nationale, j’ai signé pour une durée de cotisation de 37,5 ans et un départ à 60 ans, explique-t-elle. Et aujourd’hui, on change les termes du contrat sans mon accord ! N’importe quelle entreprise serait condamnée pour ça… »
Sur le fond, cette blonde énergique trouve inacceptable de pousser les profs à aller au-delà de 60 ans. « Ils ne se rendent pas compte de l’usure physique et psychologique de ce métier. Moi, cette année, j’ai une phlébite et je me retrouve face à des classes de 29 ou 30 élèves qui s’enchaînent toute la journée. La retraite, on ne la vole pas ! » A ses côtés, Aurélie brandit une photo de cimetière avec écrit dessus : « Nouvelle résidence pour jeunes retraités. »
Quelques pas plus loin, le SNASUB, le syndicat national de l’administration scolaire et universitaire et des bibliothèques, remporte un beau succès avec son petit train touristique bardé d’affiches. « 100.000 suppressions de postes, c’est 1,3 milliard de cotisation en moins », explique l’une d’elle. Derrière, les banderoles des profs d’EPS du SNEP-FSU se profilent. Thierry est particulièrement remonté. Lui, enseigne dans un lycée de l’académie de Créteil. Et ne cache pas son inquiétude. A quarante ans, il a déjà croisé pas mal de collègues usés. « Compte tenu de notre matière, une grande majorité des profs de sport connaissent des problèmes de santé bien avant soixante ans, précise-t-il. Comment peut-on imaginer de les forcer à aller jusqu’à 67 ans ? » Peut-être en faisant sien le slogan qui s’étale sur la chasuble d’une de ses collègues : « Métro, boulot, caveau »…
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