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Article paru le 8 mars 2010 dans l'Humanité

 

Les politiques face à la crise du logement

Les associations membres du Réseau stop aux expulsions ont auditionné jeudi des représentants des partis de gauche sur leurs engagements en matière de construction et de protection des locataires.

C’est avec une belle unanimité que les partis de gauche – l’UMP et le Modem n’avaient pas souhaité répondre à l’invitation des associations – ont expliqué jeudi aux associations réunies dans le cadre du Réseaux stop aux expulsions de logement (RéSEL) leurs projets politiques en matière de logement. Dans le bâtiment de la place des Vosges occupé par Jeudi noir, les représentants du Parti socialiste, du Parti communiste, du Parti de gauche, du Nouveau Parti anticapitaliste et d’Europe Écologie ont tous exprimé leur volonté de mettre un terme aux expulsions. Ils ont estimé que, même dans le cadre d’un congé vente, c’est-à-dire quand un propriétaire désire récupérer son bien pour le vendre, il ne doit pas y avoir d’expulsion sans une proposition sérieuse de relogement pour le locataire.

Néanmoins, pour Nathalie Perrin-Gilbert, secrétaire nationale au logement du PS, il appartient à la collectivité d’accompagner ce processus en faisant des propositions au locataire, alors que pour Jean-Jacques Porcheron, membre du groupe de travail sur le logement du Parti communiste, cette tâche incombe au propriétaire. Leur point de vue a aussi divergé sur les arrêtés anti-expulsions adoptés par les maires. Pour le PS, ils « ne sont pas la mesure la plus efficace » puisque, en la matière, c’est le préfet, représentant de l’État, qui est décisionnaire. Ils répondent en partie à la question de « comment mettre en porte à faux les préfets », estime au contraire le PC.


Construire plus de logement social


La nécessité de répondre à la crise en construisant plus a également été un thème consensuel. Le PS a promis 150 000 logements très sociaux (Plai ou Plus) par an et le PC, 180 000, avec un budget national pour le logement qui devrait repasser à 2 % du PIB. Pour le Parti de gauche, Éric Coquerel a souhaité que 2 milliards d’euros, dont 600 millions au niveau de la région, soient mobilisés tous les ans. Même si elle a souhaité rappeler que, en la matière, « les régions n’ont pas grande compétence », Emmanuelle Cosse, pour Europe Écologie, a proposé le doublement des aides de l’Île-de-France et la fin des financements régionaux en faveur des logements sociaux destinés aux revenus intermédiaires. * Abordée par tous, la nécessité de mettre un terme aux destructions de logements dans le cadre de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine a surtout été mise en avant par Anne Leclerc, du NPA, qui y voit le camouflage d’un « projet spéculatif ». Tous ont estimé que, pour faire sauter les freins à la construction, une sanction doit être appliquée aux communes qui refusent d’abriter au moins 20 % de logements sociaux, comme les y oblige la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain.


Il faut réguler le marché


« Il faut sortir le logement du marché financier », a martelé Jean-Jacques Porcheron. Pour tous les partis auditionnés, c’est à l’État qu’il incombe de garantir l’application du droit au logement, et cela passe par une plus grande régulation. Celle-ci implique, outre un plafonnement des prix des loyers, l’encadrement des augmentations, actuellement non plafonnées, appliquées au moment des changements de locataires. Se félicitant de voir le logement constituer « une question centrale », les associations à l’initiative de ces auditions se sont placées en position de garantes de la parole tenue. Elles ont rappelé qu’elles seraient toujours là après les élections pour s’assurer que les promesses seront suivies d’effet.

Camille Bauer

Notre dossier Logement

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Tag(s) : #Logement
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