L e 4 février dernier, à la grande satisfaction des salariés de Fralib (groupe Unilever), qui n’ont jamais arrêté la fabrication des sachets de thé Lipton et d’infusion Éléphant dans leur usine menacée de fermeture, le juge des référés du TGI de Marseille obligeait la direction à revoir sa copie. Le même, le 15 juin dernier, se déclarait incompétent pour juger de la nouvelle procédure engagée par la multinationale anglo-néerlandaise. Il renvoyait les deux parties devant le tribunal d’instance qui avait donc à examiner, hier, deux questions de fond, à la demande des élus CGT et CGC du comité d’entreprise (CE) : y a-t-il des irrégularités dans le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de la direction ? Le CE a-t-il été suffisamment informé pour être en capacité de se prononcer sur la fermeture du site de Gémenos ?
Pour Me Laurent Déchaud, conseil de la multinationale, c’est un «PSE plus riche» qui a été mis au point avec notamment 98 postes réservés au reclassement, dont 30 en Belgique et 17 en Pologne. «Des postes intéressants», selon une remarque de cet avocat marseillais qui a provoqué quelques remous dans la salle d’audience où avait pris place une forte délégation de salariés tandis qu’à l’extérieur, sous un soleil incitant plutôt aux vacances, piétinaient d’impatience nombre de «Fralibiens». De façon tout aussi lapidaire, l’avocat de la direction affirmait que celle-ci avait «correctement communiqué au CE». Tout au contraire, Me Amine Ghenim allait argumenter en détail pour véritablement démonter un PSE qu’il estime «irrégulier et pas conforme aux moyens d’une entreprise qui emploie 3 500 salariés en France». L’avocat du CE a également souligné que les informations fournies par la direction étaient toujours aussi incomplètes, que ce soit à propos du périmètre de la société, du coût de revient de la production à Gémenos ou encore des comptes de son centre de profits (USCC) basé en Suisse. En conséquence de quoi il a demandé l’annulation de cette nouvelle procédure ainsi que la nomination d’un expert qui pourrait tout remettre à plat. Précisant que le TGI n’était pas compétent en matière économique, son président Pierre Calloch a annoncé qu’il rendrait sa décision «en urgence», soit le 21 juillet prochain.
Ils n’iront pas à katowice
132 des 182 salariés de Fralib avaient déjà signé hier une pétition pour «fermement contester» un bruit que fait courir leur direction prétendant qu’une majorité d’entre eux souhaiteraient une mise en place rapide du PSE, comprenant des reclassements à Katowice en Pologne. Soulignant que leur «détermination est intacte», les signataires demandent que leurs élus au CE «disposent des éléments nécessaires à la compréhension des projets de la direction».
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