Les enseignants bientôt évalués par leurs proviseurs ?
Par Marie-Estelle Pech Publié le 15/11/2011
Selon le projet d'arrêté, le supérieur hiérarchique devrait notamment évaluer la capacité de l'enseignant à faire progresser chaque élève, les
compétences dans sa discipline, sa pratique professionnelle dans l'action collective de l'établissement.
Deux projets d'arrêté et de décret entendent confier la responsabilité des enseignants à leur «supérieur hiérarchique direct».
Les professeurs de l'enseignement public seront-ils bientôt évalués par leur proviseur de lycée ou leur principal de collège? Un projet d'arrêté et un projet
de décret, révélés aujourd'hui par le site d'enseignants le Café pédagogique
et l'agence de presse AEF modifieraient le système de l'appréciation de la valeur professionnelle des
enseignants «par la mise en oeuvre d'un entretien professionnel et des modalités d'avancement d'échelon par l'introduction d'un mécanisme de réductions d'ancienneté». Selon le projet de décret,
«cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct (le chef d'établissement ou son adjoint dans le second degré et l'inspecteur dans le premier degré)». Une véritable révolution qui
va faire du bruit dans les établissements scolaires...
Inspectés tous les quatre à cinq ans
Le ministère de l'Éducation nationale a, depuis un an, plusieurs fois émis l'intention de faire évoluer l'évaluation des enseignants. Aujourd'hui, les
professeurs ne sont inspectés en moyenne qu'une fois tous les quatre à cinq ans et leur avancement dépend pour l'essentiel de leur ancienneté et d'un complexe système de points et de notes. Selon
des groupes de travail mis récemment en place par le ministère, parmi les «points faibles les plus partagés» du système d'évaluation actuel, les inspections sont «trop espacées, aléatoires et
brèves, ce qui ne permet pas un suivi efficace». Et «la surprotection qui entoure la fonction publique empêche la valorisation des bons enseignants pour protéger les moyens et les
mauvais».
Un projet applicable dès septembre 2012
Les dispositions du projet d'arrêté «s'appliquent à compter du 1er septembre 2012 concernant le début du processus d'évaluation et le 1er janvier 2015 pour
les entretiens professionnels» et le décret entrerait en vigueur le 1er septembre 2012. Selon le projet d'arrêté, l'entretien aurait lieu tous les trois ans. Le supérieur hiérarchique devrait
notamment évaluer la capacité de l'enseignant à faire progresser chaque élève, les compétences dans sa discipline, sa pratique professionnelle dans l'action collective de l'établissement. Cette
action se situe conformément aux orientations validées par les instances de l'école par la mise en place notamment de projets pédagogiques transversaux et pluridisciplinaires assurant la
cohérence d'un enseignement collectif. Au terme de l'entretien, un compte-rendu serait rédigé par le chef d'établissement , complété «des dispositifs permettant d'évaluer le positionnement de
l'agent», puis transmis à la hiérarchie.
Un avancement accéléré possible
Le projet de décret modifie les grilles d'avancement. Il est ainsi possible d'obtenir un «avancement accéléré» avec des «mois de réduction d'ancienneté» en
fonction des résultats de l'évaluation. L'évaluation des enseignants par leur chef d'établissement était l'une des propositions UMP dévoilées la semaine dernière,
en préparation dela campagne présidentielle. Il y était notamment demandé que que l'évaluation des enseignants ne soit plus «purement quantitative» et qu'elle ne serve pas uniquement à vérifier
leur bon respect du programme national et leur aptitude à le finir dans les temps. «Elle devrait s'appuyer sur une dimension qualitative, qui mesurerait leur capacité à faire progresser les
élèves», était-il indiqué.
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